REPRISE DES ACTIVITÉS SPORTIVES COLLECTIVES : LES ENJEUX.

REPRISE DES ACTIVITÉS SPORTIVES COLLECTIVES : LES ENJEUX.
La levée de la totalité des mesures gouvernementales contre la propagation de la pandémie de coronavirus signifie que les activités sportives en groupe vont reprendre sur toute l’étendue du territoire national. Une bonne nouvelle pour les amateurs et professionnels du domaine qui, privés pendant deux ans, attendent néanmoins qu’une véritable réflexion soit menée aussi bien sur les conditions physiques actuelles des sportifs que sur la place des jeunes et les carrières des uns et des autres.

L’IMPÉRIEUSE NÉCESSITÉ DE REPRENDRE

Après plus de 750 jours sans la possibilité de pratiquer leurs activités et donc de percevoir leurs salaires, pour les footballeurs de première et deuxième division par exemple qui sont “professionnels”, il paraissait nécessaire pour le monde du sport et tout son environnement de reprendre le chemin des stades dans les plus brefs délais. Pour le compte du football, ce sont environ 1 300 personnes (salariés et bénévoles) qui ont été négativement impactées par la décision du gouvernement d’interdire dès mars 2020 la pratique de sport en groupe. Le nombre de personnes affectées par cet arrêt concerne aussi bien les footballeurs (plus de 700 joueurs recensés en D1 et en D2), les différents clubs, les officiels de matchs, les administratifs et les bénévoles qui travaillent au quotidien au sein des clubs de l’élite.

Bien que les chiffres ne soient pas aussi élevés dans le basket-ball et le handball, deux des disciplines sportives les plus pratiquées au Gabon après le football, on a tiré également la sonnette d’alarme et on se satisfait de cette décision. Deux ans en matière de sport représentent beaucoup dans le développement technique et psychomoteur, car cela représente un gros manque dans le processus de formation des futurs athlètes d’élite. Des jeunes qui en 2020 au moment où les compétitions se jouaient étaient en catégorie cadette (moins de 15 ans) n’ont malheureusement pas eu la chance de participer aux compétitions du niveau suivant (moins de 17 ans) et vont directement découvrir le niveau senior sans préparations aucunes et surtout sans avoir eu le temps de fourbir leurs armes.

LA REPRISE ET LES RISQUES DE BLESSURES

En attaquant la reprise des championnats et des compétitions, les préparateurs physiques et les coaches ne cachent pas leurs inquiétudes sur les risques de blessures pour des sportifs restés longtemps inactifs. La principale raison étant la cadence de la reprise qui sera trop lourde afin de coller aux exigences des calendriers internationaux et des compétitions sous-régionales, régionales, continentales et mondiales avec des rencontres chaque week-end dans un intervalle de moins de quatre mois. Ces craintes peuvent être malheureusement confirmées pour des cas de blessures graves en fonction des disciplines, tels que des ruptures des ligaments croisés, tendon d’Achille et des lésions musculaires.

Il est bien clair que 24 mois sans activité et sans compétition, on devrait s’attendre effectivement à ce qu’il y ait des problèmes physiques. Malheureusement. Et puis, une donnée importante est de pouvoir réapprendre à améliorer son alimentation et ses habitudes de consommation. Durant cette période d’arrêt forcé, l’hygiène de vie de nombreux sportifs a été altérée, et pouvoir retrouver son poids de forme et ses aptitudes physiques nécessite un travail acharné, qui s’il n’est pas maîtrisé, peut occasionner des blessures.

La longue période d’arrêt couplée à une reprise brusque des activités et l’enchaînement des matchs pendant une période réduite sont autant d’éléments réunis pour constituer un cocktail explosif pour la santé des sportifs. Si on y prend garde, il y aura de la casse. Calendrier chargé, reprise après une longue période sans compétition, maladie, etc., les raisons des potentielles blessures sont multiples.

RELANCER POUR RAYONNER

Le mercredi 9 mars 2022 a marqué une nouvelle étape décisive dans la stratégie de riposte et de lutte contre le Covid-19, tant l’annonce de l’annulation des mesures restrictives de liberté était attendue dans l’ensemble du pays. Après plusieurs mois de fermeture, de nombreux lieux recevant du public (commerces, lieux culturels, terrasses des bars et des restaurants) vont pouvoir connaître une réouverture sans condition. La reprise des activités physiques et sportives et surtout des compétitions va être graduée selon différents calendriers, et selon les disciplines, les publics et les lieux de pratique.

Cette reprise était attendue par les pratiquants et les spectateurs, mais aussi par l’ensemble des acteurs du sport gabonais, particulièrement affectés par la pandémie de Covid-19 depuis plus de deux ans, et qui ont su faire preuve d’une résilience exceptionnelle pour traverser cette période inédite. L’ensemble des acteurs du sport, amateur et professionnel, ligues nationales et provinciales, mais aussi le secteur du loisir et les activités économiques associées ressort néanmoins fragilisé de ces longs mois marqués par la suspension totale ou partielle des activités et évènements sportifs.

Si le gouvernement a logiquement placé la santé des Gabonaises et des Gabonais en priorité absolue ces deux dernières années, le sport en a beaucoup pâti, alors que pour beaucoup, la crise a confirmé à quel point la pratique d’une activité physique et sportive était essentielle pour la santé physique et mentale de nos compatriotes. Tous les sportifs pratiquants, et même les amateurs, ont rappelé que le sport est une solution face à la crise que nous traversons et doit être au cœur de la relance de notre pays.

Pour la plupart des fédérations sportives, les compétitions internationales ont repris depuis belle lurette, mais cette interdiction empêchait les nôtres de participer à ces joutes. À l’exception du Football et du Basket-Ball qui ont pu participer aux éliminatoires de la CAN 2021 et du mondial 2022 chez les Hommes et éliminatoires CAN 2022 chez les Dames, ainsi qu’aux Afrobasket Hommes et Dames U16. Côté clubs, seuls Bouenguidi Sports a participé aux qualifications à la phase de poule de la ligue des champions africaine (en 2020 et en 2021) et Mangasport à la Coupe de la Confédération (2021).

Cette période a renforcé et consacré les sportifs évoluant à l’étranger au détriment des sportifs locaux. Un autre enjeu des plus importants, serait de permettre à ceux qui évoluent au pays de se relancer et aider le pays à amorcer son rayonnement à travers le sport, tant souhaité par le président de la République Ali BONGO ONDIMBA, qui a toujours envisagé de faire du Gabon une destination sportive de choix.
Stevie MOUNOMBOU

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