CAPELLOGATE, Le football gabonais secoué par un scandale sexuel inédit.

CAPELLOGATE, Le football gabonais secoué par un scandale sexuel inédit.
Tout est parti des accusations portées par le journaliste français Romain MOLINA contre Patrick ASSOUMOU EYI, ancien entraineur de l’équipe nationale des moins de 17 ans. Connu dans le milieu du football sous le sobriquet Capello, l’ancien coach aujourd’hui en détention préventive à la prison centrale de Libreville, est soupçonné d’avoir abusé sexuellement de jeunes garçons. Le « Capellogate » était alors né, et l’affaire révélée par une enquête de The Guardian n’a pas fini d’ébranler le foot gabonais, d’autant que, motivé par le gouvernement, le parquet s’est saisi de cette affaire.

UN BOURREAU NOMMÉ CAPELLO, APÔTRE DE LA « PRÉSENCE D’ESPRIT »

Si le monde du football au Gabon ne parait pas bouleversé par ces révélations du média anglais, c’est que des soupçons ont toujours pesé sur le sulfureux coach. Bien connu dans le pays pour avoir révélé de nombreux joueurs devenus internationaux et avec des carrières à l’Étranger, Capello se singularisait avec son expression favorite : « Il te manque la présence d’esprit. » Cette expression bien à lui et surtout allusive, il la partageait à tous les jeunes footballeurs qui lui « tapaient à l’œil ». Et pour les aider à combler ce qui leur faisait défaut, il fallait qu’il leur transmette la « présence d’esprit », élément indispensable pour réussir une carrière sportive.

D’après le témoignage d’un ancien joueur qui a été entrainé par lui, l’entraineur aurait entrainé les victimes présumées chez lui, qu’il a appelé ‘‘Le Jardin d’Eden.’’ Plusieurs victimes présumées ont parlé au Guardian. Une victime présumée qui a joué pour l’équipe nationale des moins de 17 ans entre 2015 et 2017 a affirmé avoir été agressée à plusieurs reprises par lui au cours de sa carrière avec l’équipe nationale. « Il m’a forcé à avoir des relations sexuelles avec lui », a déclaré le joueur. C’était, semble-t-il, la condition pour rester dans l’équipe nationale. À l’époque, j’ai quitté mon village pour aider ma famille. Je vivais dans la capitale et devenir footballeur professionnel était le seul moyen de sortir de la misère. Alors j’ai fait ce que j’avais à faire pour les aider.

Entraineur des moins de 17 ans jusqu’en 2017 et en poste à la Direction technique provinciale de l’Estuaire, la première province du pays, c’est dans le cadre de ses fonctions, qu’il aurait agis depuis le milieu des années 1990, lors des participations multiples du Gabon au célèbre tournoi cadet de Montaigu durant lesquels il était sélectionneur.

COACH KOLO ET COACH ORPHÉE, DEUX AUTRES PÉDOPHILES PRÉSUMÉS INTERPELLÉS

Au plus fort des péripéties autour de cette affaire, des langues se sont déliées et parmi les bourreaux présumés ont été interpellés deux autres coachs bien connus du milieu : Orphée MICKALA (suspendu par ailleurs par son club le Tout Puissant AKWEMBE) et Triphel MABICKA dit « coach Kolo ». Le dernier cité aurait été interpellé dans le lit d’une chambre d’hôtel au PK7, « en tenue d’Adam », en pleine fête de la Nativité, en compagnie de deux jeunes garçons.

De jeunes footballeurs, au contact de ces entraineurs, ont affirmé avoir été séduits et abusés par ces coachs qui n’en seraient pas à leurs premières actions. Selon certaines indiscrétions, des interpellations par le passé avaient déjà eu lieu sur l’entraineur de jeunes de l’Union Sportive O’mbilanziami (USM), Coach KOLO, mais il s’en est toujours sorti sans être inquiété par qui que ce soit dans ces soupçons d’agression sexuelle.

LA RIPOSTE DES AUTORITÉS

Quelques jours après ces révélations qui ont choqué le monde du sport, le président de la République, Ali BONGO ONDIMBA, avait condamné fermement ces agressions via son compte Twitter. Le 17 décembre, il avait parlé en ces termes : « La pédophilie est l’un des crimes les plus graves qui puissent être commis. Elle n’a pas sa place au Gabon. Quand les faits sont avérés, les abus envers les enfants doivent être sanctionnés par la justice avec une extrême rigueur. Face à l’intolérable, il faut être intraitable ! »

À la suite de ce positionnement tranché de la première autorité du pays, le ministre des Sports Frank NGUEMA a fait une déclaration pour suspendre Patrick ASSOUMOU EYI de toute activité liée au football et a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire dans le football et dans toutes les disciplines sportives afin d’assainir le milieu contre ces prédateurs.

La Fédération gabonaise de football (Fegafoot) a quant à elle sollicité auprès de son comité d’éthique, une enquête et a sollicité les potentiels témoignages des victimes.

L’Association nationale des footballeurs professionnels du Gabon (ANFPG) a, de son côté demandé aux victimes de se manifester auprès d’elle afin de recueillir leurs témoignages et se porter en partie civile contre les présumés coupables

DES INTERPELLATIONS ET APRÈS ?

L’enquête ouverte par les autorités a pris une nouvelle tournure à la suite de la conférence de presse donnée par le Procureur de la République, près le Tribunal de Libreville. Ces trois entraineurs de football ont été inculpés pour « viol sur mineur », agressions sexuelles et « mise en danger de la vie d’autrui » quelques jours après les révélations du journal anglais des cas de pédophilie dans le sport gabonais, a-t-il annoncé le 30 décembre 2021.

« L’enquête se poursuit et d’autres interpellations sont en cours », a ajouté André Patrick ROPONAT lors de cette déclaration à la presse, citant l’arrestation il y a quelques jours d’un entraineur de taekwondo, Martin AVERA, et confirmant que les investigations concernaient « tous les sports ».

Le Parquet « a ouvert une information avant qu’ils ne soient inculpés par le juge d’instruction » et « placés en détention préventive, autrement dit sous mandat de dépôt » a précisé le procureur. Ils risquent 30 ans de réclusion criminelle, notamment pour « viol et tentative de viol sur mineur ».
Mike DOUSSENGUI

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