LILIANE MASSALA, 30 ans au service de la République.

LILIANE MASSALA, 30 ans au service de la République.
Après sa réélection à la magistrature suprême en 2016, le Président Ali BONGO ONDIMBA faisait de la décennie de la femme un volet fort de sa gouvernance. La matérialisation de cette approche genre n’a pas tardé à être effective. Une femme est nommée pour la première fois à la tête du gouvernement et leur nombre dans l’équipe augmente. C’est clairement dans cette optique que le Chef de l’État a confié en 2020 l’une des plus importantes représentations diplomatiques du Gabon à une femme, Liliane MASSALA. Enoromi Magazine a rencontré pour vous cette chevronnée de l’administration gabonaise.
Enoromi Magazine : Vous avez été nommée le 3 septembre 2020, Ambassadeur du Gabon en France et Représentant du Gabon auprès de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), avec juridiction sur la République du Portugal, la Principauté d’Andorre et la Principauté de Monaco. Qui est Liliane MASSALA ? Parlez-nous de votre parcours professionnel.
Liliane MASSALA
Je voudrais d’abord vous remercier de l’opportunité que vous m’offrez de m’adresser à vos lecteurs que j’imagine très nombreux, et certainement à la faveur de ces échanges, parler des enjeux et de la politique diplomatique de la République gabonaise, notamment par le prisme de la Haute Représentation en France dont j’ai aujourd’hui l’honneur de diriger depuis le 3 septembre 2020, comme vous venez de le rappeler.

Qui suis-je ? Bien qu’il ne soit pas toujours aisé de parler de soi-même, je vais tenter de le faire très modestement pour dire que, pour arriver aux fonctions qui ont été les miennes durant ces 30 dernières années, j’ai eu dans ma trajectoire un cursus et une expérience qui me confèrent un profil justifiant certainement des responsabilités que les plus hautes autorités de mon pays m’ont confiées jusqu’ici.

J’ai passé 25 années à la Présidence de la République, d’abord, au cabinet de S.E El Hadj Omar BONGO ONDIMBA, Président de la République, Chef de l’État, où j’ai exercé les fonctions de Conseiller, Conseiller personnel, Directeur de Cabinet adjoint, de 1987 à 2009, ensuite, au sein du cabinet de S.E. Monsieur Ali BONGO ONDIMBA, Président de la République, Chef de l’État qui m’a nommée Conseiller au département des Relations internationales de 2009 à 2012. De 2012 à 2014, j’ai occupé les fonctions de Secrétaire général adjoint du ministère en charge des Affaires sociales, puis, de 2014 à 2020, celles de Secrétaire général du ministère de la Communication et de l’Économie numérique. Il s’agit là d’un parcours qui m’a permis de disposer d’une connaissance assez complète de la gestion de la chose publique. Au-delà de ce que la nomination aux fonctions d’Ambassadeur relève du pouvoir discrétionnaire du Président de la République, Chef de l’État, ce parcours pourrait avoir guidé le choix porté sur ma modeste personne pour mes actuelles fonctions.
Enoromi Magazine : C’est seulement le 12 avril 2021 que vous avez présenté vos Lettres de créance au Président Emmanuel MACRON, conformément aux usages diplomatiques, entrant à ce titre officiellement dans vos fonctions. Comment un Ambassadeur vit-il les mois qui précèdent cette cérémonie ?
Liliane MASSALA
Conformément aux dispositions de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, en son article 13, alinéa 2 et suivant les usages en vigueur, en attendant la cérémonie de remise de mes Lettres de créance intervenue le 12 avril 2021, j’ai reçu, le lendemain de mon arrivée à l’Ambassade en octobre 2020, la visite du Directeur du protocole du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. C’est à l’occasion de cette visite de courtoisie que je me suis pliée à la formalité protocolaire de remise des copies figurées des Lettres de créance qui m’accréditent auprès du Président de la République d’accueil qu’est la France. Cette importante disposition me permet de prendre officiellement mes fonctions et de rencontrer les autorités françaises à l’exception du Président de la République, du Premier ministre, Chef du gouvernement et des Présidents des deux Chambres du Parlement.
Enoromi Magazine : Madame l’Ambassadrice, la Représentation diplomatique du Gabon en France est l’une des plus importantes au regard de la relation historique entre les deux pays. Pouvez-vous nous donner une photographie actualisée des relations bilatérales entre le Gabon et la France ?
Liliane MASSALA
Il convient de rappeler, comme vous le soulignez, que les relations entre le Gabon et la France sont séculaires et multiformes, pour des raisons qui tiennent aussi bien à l’histoire qu’à différents enjeux. Celles-ci peuvent s’apprécier sous différents aspects, notamment politiques, de défense et de sécurité ainsi que de coopération économique, culturelle, sociale, scientifique et universitaire. La nature privilégiée de ces différents rapports a permis de les inscrire dans un cadre juridique porté par de nombreux accords et traités conçus dans un esprit de dialogue permanent, de confiance, de respect de nos intérêts réciproques.

Bien que l’impact de la pandémie du Covid-19 ait exigé de contextualiser ces relations dans un certain nombre de secteurs, dont les flux migratoires, les deux parties ont toujours travaillé en bonne intelligence pour leur renforcement.
Enoromi Magazine : Madame l’Ambassadrice, la Représentation diplomatique du Gabon en France est l’une des plus importantes au regard de la relation historique entre les deux pays. Pouvez-vous nous donner une photographie actualisée des relations bilatérales entre le Gabon et la France ?
Liliane MASSALA
Il convient de rappeler, comme vous le soulignez, que les relations entre le Gabon et la France sont séculaires et multiformes, pour des raisons qui tiennent aussi bien à l’histoire qu’à différents enjeux. Celles-ci peuvent s’apprécier sous différents aspects, notamment politiques, de défense et de sécurité ainsi que de coopération économique, culturelle, sociale, scientifique et universitaire. La nature privilégiée de ces différents rapports a permis de les inscrire dans un cadre juridique porté par de nombreux accords et traités conçus dans un esprit de dialogue permanent, de confiance, de respect de nos intérêts réciproques.

Bien que l’impact de la pandémie du Covid-19 ait exigé de contextualiser ces relations dans un certain nombre de secteurs, dont les flux migratoires, les deux parties ont toujours travaillé en bonne intelligence pour leur renforcement.
Enoromi Magazine : Depuis l’accession au pouvoir du Président Ali BONGO ONDIMBA, le Gabon est résolument tourné vers une diversification de son économie. À ce titre, le pays s’est progressivement ouvert à d’autres partenaires autres que son allié historique, la France. Comment le Quai d’Orsay apprécie-t-il cette stratégie, quand on connait le poids des entreprises françaises dans l’économie gabonaise ?
Liliane MASSALA
Cette question me donne l’occasion de mettre fin à certains sons de cloches qui se profèrent malencontreusement ici et là des absurdités sur un prétendu relâchement des relations entre le Gabon et la France, au profit d’autres partenaires. Ceci n’est qu’une interprétation erronée et en déphasage avec la nouvelle politique gabonaise d’ouverture et d’orientation économique, mise en place depuis 2009.

En effet, dès son accession à la magistrature suprême en 2009, le Président de la République, Chef de l’État, S.E Monsieur Ali BONGO ONDIMBA a mis en place une nouvelle dynamique de développement de notre pays, en impulsant des réformes novatrices portées par des programmes de diversification de l’économie. Cette nouvelle vision affirmée dans le Plan stratégique Gabon émergent (PSGE) dispose d’un volet partenarial dont l’atteinte des objectifs est portée par l’instauration d’une véritable diplomatie économique. Par voie de conséquence, il a fallu s’ouvrir à de nouveaux partenariats, en s’appuyant notamment sur des partenariats publics-privés.

Cette orientation consiste parallèlement à consolider les collaborations avec d’anciens partenaires, et le renforcement de la coopération avec la France s’inscrit évidemment dans cette optique. Quoi que l’on dise, la France reste le premier partenaire du Gabon, avec un niveau de coopération très appréciable et une forte présence dans la quasi-totalité des secteurs majeurs de l’économie gabonaise comme les infrastructures aéroportuaires, portuaires et routières, l’éducation et la formation professionnelle, l’environnement, le bâtiment, les travaux publics, l’exploitation forestière, l’extraction minière, les hydrocarbures, l’importation des biens d’équipement et de consommation, etc. De nombreux projets menés par l’Agence française de Développement (AFD) comptent en grande place dans le tissu économique de notre pays.

Dans ce même cadre, la France occupe toujours une place de choix dans le domaine social, avec des actions de renforcement de la planification sanitaire, d’amélioration de la santé familiale et de financement des microprojets, dans le cadre du Fonds social de développement (FSD), dans le domaine scientifique et culturel, notamment par un appui logistique, l’assistance technique, des apports à la recherche scientifique.
Enoromi Magazine : L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) dont le Gabon est membre a elle aussi à sa tête une femme, Louise MUSHIKIWABO, depuis janvier 2019. Avez-vous déjà eu l’occasion d’échanger avec elle ? Quelle est la place du Gabon au sein de cette grande organisation ?
Liliane MASSALA
L’Ambassadeur Haut Représentant du Gabon en France étant également Représentant permanent du Gabon au près de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), il va de soi que la relation avec Mme Louise MUSHIKIWA BO, Secrétaire général de la Francophonie ne souffre d’aucune entorse, et est d’ailleurs permanente. Bien évidemment, les usages diplomatiques commandent que la relation soit préalablement formalisée par la présentation des Lettres de cabinet qui m’accréditent auprès d’elle. Ce qui a été fait le 18 janvier 2021. Depuis lors, le contexte de crise sanitaire a fait que l’essentiel des contacts se tient par visioconférences.
Enoromi Magazine : Madame l’Ambassadrice, le Président de la République Ali BONGO ONDIMBA est très actif sur le plan diplomatique. On l’a récemment vu à Londres aux côtés du Secrétaire général du Commonwealth, l’honorable Patricia SCOTLAND QC. On parle d’une possibilité pour le Gabon d’adhérer à cette communauté qui regroupe essentiellement d’anciens territoires de l’Empire britannique. Que doit-on comprendre ?
Liliane MASSALA
Cette question a suscité une vive controverse, notamment du fait qu’une certaine presse y voie une manière pour le Gabon de se départir de sa relation traditionnelle et historique avec la France, voire un désengagement ou un désintéressement de la Francophonie. Pour le Gabon, il s’agit de bien plus qu’autre chose de s’offrir les meilleures opportunités pour son développement.

En effet, au-delà de la langue et de l’histoire, le Gabon partage avec d’anciens territoires de l’Empire colonial britannique, les mêmes valeurs que celles décrites dans la charte du Commonwealth, telles que la démocratie, les droits de l’homme et l’État de droit. Ce sont là des gages qui ont prévalu à la volonté de S.E Ali BONGO ONDIMBA, Président de la République, d’entreprendre la démarche de l’adhésion du Gabon à cette importante organisation internationale. Cette volonté a été réaffirmée dernièrement au cours de sa rencontre avec l’Honorable Patricia SCOTLAND, sa Secrétaire générale, et sans doute au cours de sa dernière visite de travail au Royaume-Uni.

En toute logique, cette ouverture tous azimuts du Gabon cadre avec la donne d’une économie mondialisée, car, selon les grandes théories économiques, aucun pays ne saurait construire son développement en vase clos, et moins encore en se privant de la collaboration des expériences les mieux réussies. C’est exactement ce qui explique les liens économiques étroitement tissés entre le Gabon et Singapour, la Chine, l’Inde et le Brésil.
Enoromi Magazine : La France accueille et forme de nombreux étudiants gabonais chaque année. La cheffe de mission diplomatique que vous êtes a-t-elle un contact permanent avec ces jeunes qui constituent une main-d’œuvre qualifiée pour le pays ? Quel discours de motivation leur tenez-vous au regard des difficultés actuelles à trouver un emploi au Gabon ?
Liliane MASSALA
Pour permettre au Gabon de relever les défis de son développement, le Gouvernement a mis un point d’honneur sur la formation d’un capital humain compétitif dans les secteurs porteurs d’emplois et de croissance. Pour y parvenir, un ambitieux programme de formation professionnelle et technique mis en place avec l’aide des partenaires au développement et l’appui technique de plusieurs pays amis est en cours d’implémentation. Ces nouveaux écosystèmes éducatifs et d’apprentissage, axés sur les formations qualifiantes et diplômantes, visent à pourvoir, à court et moyen termes le marché de l’emploi en techniciens, pour des gains de productivité favorable à la croissance et à la lutte contre la pauvreté et le chômage chez les jeunes.

Les projections de concrétisation de cette nouvelle politique éducative sont très rassurantes du fait de la construction de plusieurs centres de formation professionnelle dans l’ensemble des chefs-lieux des provinces et dans les principales agglomérations du pays. Outre ces infrastructures dont certaines fonctionnent déjà, l’État y consacre des ressources budgétaires conséquentes en matière de bourses d’études.

Dans cette approche, le Gabon compte également sur des formations à l’extérieur. Parmi les destinations de prédilection, la France accueille le plus grand contingent d’étudiants gabonais à l’étranger ; soit un peu plus de 5 000 cette année dont environ 2 000 boursiers de l’État gabonais. En ce qui nous concerne, l’Ambassade s’applique à assurer un accompagnement et une assistance réguliers à cette forte communauté estudiantine. Le service académique dédié exclusivement à ce segment de la communauté gabonaise se charge de l’accompagnement administratif, mais aussi de la facilitation des inscriptions dans de meilleurs établissements, du suivi des accords de coopération en matière d’éducation et de la formation, de la négociation de nouvelles conventions sur les quotas d’inscriptions des étudiants et les coûts préférentiels des frais de scolarité.

Conformément à la nouvelle politique d’emploi au Gabon, deux options s’imposent aux étudiants en fin d’études ou de formation. D’abord, consolider les formations académiques par des formations en étude des projets de manière à maîtriser et disposer des outils de création d’entreprises. Ensuite, nous les encourageons à étoffer leur profil par une expérience professionnelle par un stage ou un premier emploi à durée déterminée.

Pour ce faire, nous sommes en train de finaliser avec les grands groupes français qui investissent au Gabon, un projet de partenariat qui consistera à offrir des stages aux étudiants gabonais. Cela pourrait, à la longue, constituer un tremplin aux plus méritants d’entre eux qui pourraient intégrer les entreprises de ces grands groupes au Gabon.
Enoromi Magazine : Depuis le lancement de la décennie de la femme en mars 2015, le Chef de l’État, Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA, s’est engagé à promouvoir l’égalité du genre. Quel bilan faites-vous aujourd’hui sur la mise en place de cette politique ainsi que la place accordée aux femmes dans notre société ?
Liliane MASSALA
À ce jour, la question du genre compte énormément dans les politiques publiques gabonaises. Outre un attelage juridique de protection de la femme, le Président de la République, le Gouvernement et la Première dame ont mis en place des programmes d’accompagnement, de valorisation et de protection des droits de la Femme gabonaise. À bien d’égards, la Femme gabonaise tient une place de premier rang dans la politique de l’Égalité des Chances qui fait du Gabon un des pays leaders en Afrique sur cette question du genre. Le dispositif législatif en place confère à la femme gabonaise, des droits politiques et sociaux mieux que dans certaines parties du monde.

Au Gabon, le droit à l’éducation, au travail, à la couverture sanitaire et à des responsabilités administratives et politiques met l’homme et la femme au même diapason. Je tiens à souligner que cette politique du Chef de l’État est très applaudie ici en France où je reçois régulièrement des personnalités françaises qui sollicitent quelques éléments supplémentaires d’information à ce sujet. J’ai récemment reçu deux de mes collègues femmes Ambassadeurs qui souhaitent s’inspirer du programme de «Gabon Égalité» pour leur pays.
Propos recueillis par
Christian BOUA

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