MOABI_GA, Les cosmétiques adaptés aux Gabonais

MOABI_GA, Les cosmétiques adaptés aux Gabonais
L’ère est désormais à l’avènement de l’artisanat local. Plusieurs Gabonais tentent de naturaliser la consommation locale en usant de génie pour créer chaque jour des produits d’usage quotidien pour le bien-être de tous. Confitures made in Gabon, vêtements made in Gabon et même cosmétiques made in Gabon. C’est le cas de Darcy ZOA METCHEBA, une jeune gabonaise de 25 ans qui a lancé depuis peu sa gamme de cosmétiques Moabi_ga. Beurre corporel et capillaire, chantilly capillaire, huile de massage, et même gommage de corps, l’ingéniosité de cette dernière ne laisse pas le quotidien de la gent féminine indifférente.
ENOROMI MAGAZINE
Au Gabon, les marques de cosmétiques habituellement utilisés par les femmes sont pour la plupart d’origine occidentale. Comment vous est venue l’idée de créer une marque à base de produits locaux ?
Darcy ZOA METCHEBA
L’idée de créer une marque avec des produits locaux m’est venue face à une observation du marché local. Comme vous l’avez mentionné, depuis leur plus jeune âge, les femmes sont exposées au désir d’acheter des produits occidentaux. Parfois, qui ne sont pas adaptés à leur peau, à leur climat et même certaines ne savent pas si elles sont allergiques à certaines composantes. Alors que je venais d’accoucher, je découvre le Moabi, un arbre de la même famille de Karité. Ayant accumulé plusieurs formations en cosmétiques artisanales, je me dis qu’il y’a alors quelque chose à faire avec. C’est de là que la marque Moabi_ga prend son essence et que je commence le lancement de la marque avec cinq beurres.
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Nous constatons que tous vos produits n’ont pas pour base le beurre de Moabi. Pourquoi avoir donné le nom Moabi à votre marque de cosmétiques ?
Darcy ZOA METCHEBA
Ma réponse sera sûrement un peu égoïste, mais j’ai toujours trouvé qu’il n’était pas équitable que le Gabon ait le beurre de Moabi comme richesse et préfère utiliser et commercialiser le beurre de karité qui est plus présent en Afrique de l’Ouest. Après, vu la rareté du produit et l’inexpérience de plusieurs à extraire le Moabi, il est évident que tout le monde ne puisse pas avoir le pouvoir d’achat de se l’offrir au même titre que le beurre de karité. Amoureuse de la nature, je dis toujours que les frères jumeaux de la nature sont un arbre et un animal. Dans le cas présent du Moabi, l’éléphant et le Moabi sont indissociables, car c’est l’éléphant qui plante le Moabi. Enfin, au vu de cet arbre majestueux, je me suis dit sans équivoque que ma marque s’appellera d’emblée « Moabi ».
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Êtes-vous habilité à créer des produits touchant à la peau et aux cheveux ? Avez-vous des diplômes ou des certifications dans ce domaine ?
Darcy ZOA METCHEBA
Aujourd’hui, je suis habilité pour la création de produits cosmétiques artisanaux. Je dispose de trois formations certifiantes dans le domaine de la petite chimie et une formation en cosmétiques avec le Dr Blandine ULCE de La Petite Mine d’or. Mes certificats me donnent l’accréditation pour faire des petites émulsions, c’est-à-dire de la chimie de cuisine et non celles dans les tubes à essai dans les laboratoires. Mais, d’ores et déjà, je suis une formation pour obtenir un diplôme en cosmétiques artisanaux et j’espère le décrocher d’ici peu.
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Avec l’avènement du «Made in Gabon», plusieurs marques de cosmétiques naissent. Quelle est selon vous la particularité de Moabi ?
Darcy ZOA METCHEBA
Ce qui fait notre particularité, c’est l’originalité du produit, je pense. À ma connaissance, il existe peu, voire pas de personne qui produisent des beurres locaux et s’ils en font, je suis la seule à proposer quatre beurres inexistants sur le marché gabonais. La diversité de notre gamme joue aussi un rôle, car nous avons des sérums et des baumes capillaires, des gommages pour le corps, des masques capillaires, des huiles de massage (qui sont à 50% à base du beurre de Moabi), des beurres pour peaux et cheveux, des chantilly capillaires et dans peu, nous aurons des savons et même des laits corporels.
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Votre réseau de distribution aujourd’hui, pensez-vous qu’il est assez grand et touche une grande partie de votre population cible ou est-il encore à un stade embryonnaire ?
Darcy ZOA METCHEBA
Pour l’heure, je dirai qu’il est à un stade embryonnaire. Mon but est de vendre en grandes surfaces, mais le grand bémol est le temps que je passe dans des saponifications, des tests et des expériences me poussant un peu à délaisser le côté commercial. De plus, je ne suis pas une très bonne commerciale. Étant seule dans l’équipe pour le moment, je n’ai pas la capacité de générer des tentacules pour assurer la fabrication, la vente, la commercialisation, etc. Mon objectif pour 2022 est d’avoir dans mon réseau de distribution, les grandes surfaces.
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Que pensez-vous des produits éclaircissants vendus sur le marché à des prix défiant toute concurrence et que la gent féminine gabonaise s’arrache ?
Darcy ZOA METCHEBA
C’est une question qui suscite en moi beaucoup d’émotions. Mais, je tiendrais à rester calme pour donner une réponse réfléchie et cohérente. Pour ma part, produits éclaircissants de luxe ou bas de gamme sont une mauvaise chose pour le bien-être de la peau. Si on s’appesantit un seul instant sur les effets dévastateurs de ces produits sur la peau, on ne laisserait même pas ces produits être importés sur notre territoire. Mon point de vue sur la question se résume dans cet adage populaire qui dit «Peu importe combien de fois le serpent change de peau, il reste toujours un serpent».
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Pourquoi avoir choisi le chemin de l’entrepreneuriat et non celui de la bureaucratie ?
Darcy ZOA METCHEBA
L’entrepreneuriat est un choix lié aux risques, à l’imprévu et je dirai que j’aime l’adrénaline. Cela pourrait passer pour une hyperbole, mais il y a tellement d’imprévus dans le fait d’entreprendre que je trouve ça beau. Derrière le mot entrepreneuriat, il y a l’envie d’écrire sa propre histoire. L’envie de donner soi-même une fin, un but réel aux efforts déployés.
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Comment voyez-vous Moabi dans les cinq prochaines années ?
Darcy ZOA METCHEBA
Ma vision est de voir cette graine de Moabi que j’ai plantée, il y a quelque temps dans mon cœur, grandir et produire plusieurs branches dans toute l’Afrique, et pourquoi pas en Occident ?
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Un mot de fin pour toutes les personnes qui craignent encore de consommer local et qui fustigent les compétences des entrepreneurs engagés tels que vous ?
Darcy ZOA METCHEBA
À toutes ces personnes qui craignent encore de consommer local, je dirais : «N’hésitez pas !». Je crois qu’il est préférable de se faire sa propre idée, au lieu de s’approprier les dires ou le ressenti d’une autre personne. De plus, ces personnes qui fustigent le travail abattu par les artisans locaux, il faudrait comprendre que derrière chaque produit, il y a des années d’études, des heures et des heures de tests, des nuits de travail, le coût des matières premières importées, le coût des emballages également importés... Il y a tellement de rouages dans l’engrenage de l’entrepreneuriat que les clients ne comprennent pas. Mais au lieu de crier sur les entrepreneurs, il serait mieux de s’informer pour ne pas répandre inutilement de fausses informations.
Propos recueillis par
Aude SHARYS

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