N’DO-MAN, Conseiller-psychologue et artiste hip-hop

N’DO-MAN, Conseiller-psychologue et artiste hip-hop
C’est la figure montante du hip-hop gabonais, natif de la province de l’Estuaire et issu du groupe ethnique Fang, N’do-Man, de son identité à l’état civil Roland Fabrice MBA EBE est un artiste auteur compositeur hip-hop, né en 1992. C’est en 2008 qu’il se fait remarquer dans le milieu artistique sous le nom de scène de « Scarface » Aka Hova, alors qu’il est encore sur les bancs du collège Georges Mabignath. Depuis, le jeune rappeur a fait du chemin et a su allier sa passion à la poursuite de ses études en psychologie qu’il a brillamment bouclées. Conseiller d’orientation scolaire en semaine et rappeur les week-ends, N’do-Man nous en dit plus sur lui.
ENOROMI MAGAZINE : Y a-t-il eu des moments clés dans ta carrière d’artiste ?
N’DO-MAN
Dans toutes carrières il y a toujours des moments clés et des dates importantes. Pour ma part, je peux retenir le début de ma carrière dans le hip-hop en 2008, avec les clashs interétablissements. J’ai remporté un certain nombre de concours, notamment le clash organisé par Thierry M., dont j’étais d’ailleurs le plus jeune des participants. (Rires).

Toujours en 2008, je participe au concours « Sound système » organisé par le label AFJ que je remporte devant plus de 60 autres artistes de Libreville et d’Owendo. Dans la logique des choses, je signe en 2009 chez AFJ Productions et je sors mon premier single intitulé « Tu reconnais », qui reste un hit.

À la rupture de mon contrat avec AFJ Productions en 2012, je décide de faire une pause et de me concentrer pleinement sur mes études. Je reviens sur la scène artistique en 2015 sous mon nouveau pseudonyme N’do-Man, avec le groupe que j’ai créé entre temps, « Hova Gang ». Deux autres dates ont marqué ma vie d’artiste, ma signature chez Africadream en 2016 et la sortie de mon premier album en 2020.
ENOROMI MAGAZINE : L’année 2020 semble te sourire pleinement. Tu as sorti plusieurs singles qui marchent pas mal en ce moment, notamment ton dernier, en duo avec le Phénoménal NDONG MBOULA. Comment la connexion s’est-elle faite ?
N’DO-MAN
Oui, cette année a bien débuté comme vous le dites, et c’est un sentiment de satisfaction qui m’habite et je compte encore aller plus loin. Ma connexion avec Le phénoménal NDONG MBOULA s’est faite naturellement. Vous savez que le Gabon est un petit pays et qu’il n’est pas difficile de joindre un compatriote, surtout quand ce dernier a une certaine notoriété. Nous avons tout simplement passé quelques coups de fil et proposé le morceau quasiment fini et le Phénoménal a accroché, sans oublier qu’il avait déjà entendu parler de N’do-Man grâce au titre « Me ne One ». Mon équipe et moi avons pensé à cette collaboration dans l’optique d’apporter du nouveau dans le monde artistique gabonais et mettre en exergue la culture gabonaise.
ENOROMI MAGAZINE : Aujourd’hui, tu es signé Africadream, un label qui gère ta carrière. Comment cela se passe-t-il ? Quelles sont tes projections pour l’avenir ?
N’DO-MAN
Avec le label Africadream tout se passe bien pour l’instant et l’objectif premier qu’on s’est fixé est d’élargir la Fan Base et trouver le moyen de pouvoir toucher l’extérieur via nos contacts, en proposant des produits de qualité pouvant mieux représenter le Vert-Jaune-Bleu. Pour l’avenir, nous travaillons déjà sur un prochain album solo et un album en groupe avec Hova Gang, composé de MHL et de moi. L’objectif pour nous est d’aller le plus loin possible, d’entreprendre et de penser à mettre sur pied une véritable industrie.
ENOROMI MAGAZINE : Quel est ton regard sur le hip-hop gabonais aujourd’hui ?
N’DO-MAN
Je pense qu’aujourd’hui le hip-hop gabonais tente de retrouver ses lettres de noblesse à travers de beaux concepts comme le « Entre nous Show » de Sir Okoss et le « Catalogue challenge » initié par Lestat XXL. Il y a aussi les plateformes digitales qui se mettent en place, notamment G. store qui permet aux artistes de vendre légalement leurs produits en ligne ou le site www.tromatix.com qui fait depuis des années la promotion de la culture urbaine gabonaise. Cette année aussi, on a pu voir plusieurs artistes sortir des albums et des mixtapes dans l’optique de donner le meilleur d’eux artistiquement parlant. Tout ceci laisse prévoir un bon avenir pour le hip-hop gabonais. Je pense que nous avons juste besoin d’un peu de temps pour mettre sur pied une vraie industrie vu que la volonté de bien faire est déjà là. Mais dans tous les cas, les choses bougent positivement.
ENOROMI MAGAZINE : Parlons maintenant de ton autre vie, celle que très peu de personnes connaissent. Ton cursus scolaire et ta vie professionnelle ?
N’DO-MAN
N’DO-MAN Je gère les deux naturellement. Je suis conseiller d’orientation psychologique en semaine. Je travaille sur l’orientation des apprenants en guidant ces derniers sur la question de l’orientation scolaire et professionnelle et apporte une aide psycho- pédagogique et psychologique à ceux qui présentent des problèmes d’ordre psychologique. Nous travaillons en étroite collaboration avec les établissements secondaires, universitaires et l’Agence Nationale des Bourses du Gabon (ANBG).

Mon travail au quotidien consiste à assister les élèves en fin de cycle dans le choix de leurs orientations de formation. Vous savez, nombreux sont les jeunes qui, au sortir du lycée, se perdent faute de ne pas avoir fait le bon choix. J’essaie donc tous les jours, dans la mesure des options disponibles, d’orienter de manière optimale mes jeunes frères et soeurs des lycées et collèges. En semaine, je porte ma veste d’agent de l’État et le week-end je porte celle d’artiste auteur-compositeur et rentre en studio pour vous sortir des titres de qualité.
ENOROMI MAGAZINE : ENOROMI MAGAZINE Si tu avais un choix à faire entre tes deux vies, lequel serait-il ?
N’DO-MAN
Je pense que ne pas faire un choix entre ma veste d’agent de l’État et celle d’artiste auteur-compositeur pour moi, c’est aussi faire un choix. Le choix de se battre en poursuivant deux lièvres à la fois et espérer joindre les deux bouts.

N’do-Man n’existerait pas sans Roland Fabrice MBA EBE, ça, c’est une évidence. J’ai besoin de la fusion des deux pour être complet. Un individu qui n’a pas de passion souffre inéluctablement d’un manque à mon sens. Je me considère comme un chanceux dans la mesure où ma passion n’a été en rien un frein à mes études. J’arrive à concilier les deux jusqu’à présent et je ne vois pas de choix à faire.
Propos recueillis par
Christian BOUA

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