RIZ EN PLASTIQUE. Entre rumeurs, infos et intox

RIZ EN PLASTIQUE. Entre rumeurs, infos et intox
En décembre 2018, de persistantes rumeurs sur l’importation supposée de riz en plastique au Gabon avaient circulé sur les réseaux sociaux, au point qu’une enquête avait été lancée en janvier 2019 par la Direction générale de la concurrence et de la consommation (DGCC). Enquête qui est parvenue à la conclusion que ces rumeurs étaient infondées. Retour sur un sujet qui a préoccupé plusieurs ménages, y compris hors du Gabon.
Du riz cuit roulé en boule qui, jeté au sol, rebondit comme une balle de tennis ? Ça ne peut être que du faux riz…du riz en plastique mis sur le marché gabonais pour tromper les consommateurs ! L’histoire est plutôt difficile à croire. Pourtant, au Gabon, les milliers d’internautes ayant vu la vidéo y ont cru. Certains ont d’ailleurs aussitôt appelé au boycott du riz en provenance de Chine voire de tous les produits alimentaires importés de ce pays présenté comme l’exportateur de l’aliment décrié. Faux !

Diffusée en décembre 2018 par une femme disant résider au quartier dit Lalala dans le 5e arrondissement de Libreville, cette vidéo ne relatait pas forcément la vérité. Il s’est avéré qu’il s’agissait, en réalité, d’une psychose causée par des vidéos similaires diffusées ces dernières années sur les réseaux sociaux, et sur Facebook particulièrement. Les origines de cette rumeur sur l’importation supposée de riz en plastique au Gabon sont lointaines.

UNE RUMEUR QUI VIENT DE LOIN

La rumeur sur l’exportation par la Chine de plusieurs tonnes de riz en plastique ne vient pas du Gabon. De plus, elle n’est pas aussi récente que certains veulent le croire. Celle-ci remonte au moins à 2010, avec les accusations portées sur l’entreprise chinoise Wuchang, soupçonnée par des consommateurs d’avoir trompé ses clients en mélangeant du riz de qualité avec du riz médiocre.

C’est en janvier 2011 que la rumeur sur la fabrication supposée de riz en plastique apparaît véritablement sur Internet. À l’époque, le site The Korea Times avait tenté de convaincre ses lecteurs de ce que « du faux riz créé à partir de plastique [était] vendu sur le marché chinois ». Selon les explications du média coréen, ce riz aurait été fabriqué à partir de pommes de terre, de patates douces et de résine synthétique. Cela aurait permis de rendre les affaires des entreprises plus lucratives. Après enquête, il n’en fut rien.

Pourtant, malgré le démenti de Wuchang et des autorités chinoises, huit ans après, la rumeur persiste, avec une dose de prétendues preuves chaque année, au point que certains se sont laissés convaincre, et d’autres pays exportateurs de riz que la Chine ont vite rejoint le rang des fabricants supposés de riz en plastique. Au Gabon, c’est une marque de riz vietnamienne qui a été indexée.

LE RIZ VIETNAMIEN ACCUSÉ AU GABON

Si huit ans après de lourds soupçons pèsent encore sur les marques de riz importées de Chine, en Afrique et particulièrement au Gabon, d’autres pays exportateurs sont pointés du doigt. La femme auteure de la vidéo de décembre 2018 a cité la marque « Super Eléphant » que certains ont maladroitement prise pour du riz importé de Chine. Il s’agit, en fait, du riz vietnamien parfumé au jasmin.

Persistante sur les réseaux sociaux, la rumeur faisant de ce riz un de ceux en plastique importés au Gabon, a poussé la DGCC à descendre sur le terrain, en janvier 2019. Une mesure, conservatoire, de suspension de la commercialisation de cette marque sur toute l’étendue du territoire national avait été prise par la DGCC, qui avait alors lancé une enquête dans plusieurs magasins et auprès des principaux importateurs. Parallèlement, des analyses avaient été effectuées au laboratoire qualité/sécurité de la DGCC, y compris sur d’autres marques de riz que celle qui a été décriée.

De cette enquête et de ces analyses, il ressort que les rumeurs faisant du riz de la marque « Super Eléphant » un aliment impropre à la consommation ne sont pas fondées. Aussitôt les résultats du contrôle connus, la DGCC avait décidé de lever la mesure de suspension de sa commercialisation à Libreville et à l’intérieur du pays.
« Les résultats de nos analyses démontrent que ce riz ne représente aucune anomalie particulière. C’est un bon riz que nous avons d’ailleurs dégusté au laboratoire »
Emmanuel EYEGHE NZE,
Directeur général de la DGCC

UNE INTOX ET CONCURRENCE

Alors qu’aucun pays n’a jusqu’à lors prouvé une entrée sur son territoire de sacs de riz en plastique, plus de sept ans après le début des soupçons, la rumeur continue de circuler sur le Web. Au Gabon, l’auteure de la vidéo ayant suscité l’intervention de la DGCC assure que du riz plastique lui a bel et bien été vendu par le magasin « 2AAZ ». Le commerçant nie avoir mis en vente des aliments impropres à la consommation, prend pour preuve les résultats de l’enquête de la DGCC et rétorque avec un numéro de l’émission « Les observateurs » de France 24, diffusé en juin 2017 et consacré au riz en plastique supposé vendu en Afrique. À l’époque, le présentateur de l’émission, Julien Pain, expliquait que les vidéos relayées cette année-là sur la Toile étaient des « fake news ». Il avait donné aux téléspectateurs les outils pour déceler le vrai du faux sur Internet, notamment sur le sujet.
Pour taire la rumeur, 2000 sacs de riz « Super Eléphant », soit 95 tonnes, avaient été retirés du marché avant d’être remis dans le circuit commercial national.
De son côté, regrettant « des rumeurs infondées », Hassan Heneino, principal importateur au Gabon du riz « Super Eléphant », produit au Vietnam, soupçonne une initiative de la concurrence. Selon le patron de Royal Food Gabon, les rumeurs pourraient bien venir de certains de ses concurrents sur le marché gabonais. L’importateur les soupçonne d’avoir essayé de ternir son image et celle de son entreprise.
Griffin Ondo

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