PROJET DE LOI DE FINANCES 2022, Quid de son élaboration par le gouvernement ?

PROJET DE LOI DE FINANCES 2022, Quid de son  élaboration par le  gouvernement ?
Ouvertes le 5 août 2021, les conférences budgétaires ministérielles se sont achevées 20 jours après. Les travaux, qui étaient accueillis par le ministère du Budget et des Comptes publics, ont vu la participation de tous les membres du gouvernement, chacun venant présenter ses différents projets d’investissement. L’objectif de cet exercice: l’élaboration du Projet de loi de finances de l’année 2022. Retour sur les principaux besoins exprimés par les ministres.
« Le but de ces conférences budgétaires est de programmer la bonne dépense et les besoins identifiés feront l’objet d’une étude par les techniciens avant les arbitrages du Premier ministre et du président de la République », a déclaré d’entrée de jeu Sosthène OSSOUNGOU NDIBANGOYE, ministre du Budget et des Comptes publics, lors de l’ouverture, le 5 août 2021, des travaux à Libreville.

Si cet exercice avait déjà lieu les années précédentes, cette année, il était question d’élaborer une cartographie des indicateurs, objectifs et cibles à moyen terme, en cohérence avec le Plan d’accélération de la transformation de l’économie gabonaise (PAT). Le but étant de disposer d’une base de données des projets jugés réalistes et réalisables, pour mettre en œuvre les 12 batailles clés du PAT en 2022, ainsi que les projections à moyen terme.

Une attention particulière a donc été portée sur la cohérence entre les projets retenus et les orientations sectorielles du PAT. Selon Sosthène OSSOUNGOU NDIBANGOYE, pour garantir le succès des investissements qui seront pris en compte dans le PLF 2022, quelques règles doivent être précisées. « La première, c’est qu’il faudra sélectionner des projets matures ayant fait l’objet d’études pour garantir leur exécution », a déclaré le membre du gouvernement.

Tous les membres du gouvernement se sont prêtés à l’exercice, présentant chacun à tour de rôle les besoins du département ministériel dont il a la charge pour le compte de l’exercice prochain.

Bonne gouvernance et plus d’emplois d’ici à 2022

Les premiers à se prêter à cet exercice ont été le ministre de la Promotion de la bonne gouvernance et la Lutte contre la corruption, Me Francis NKEA NDZIGUE, et de son collègue des Affaires étrangères, Pacôme MOUBELET BOUBEYA. Le premier ministre cité a présenté les outils de la bonne gouvernance qu’il dit « participative ». Ce département est en effet inscrit dans le pivot transverse du PAT dont l’un des objectifs est l’assainissement des finances publiques.

Le ministre de l’Emploi, de la Fonction publique, du Travail et de la Formation professionnelle a défendu ses projets prioritaires au deuxième jour de ces conférences budgétaires. Des projets prioritaires qui se résument en deux points : assurer une meilleure formation aux jeunes Gabonais et leur garantir plus et de meilleurs emplois pour les prochaines années.

« Nous avons largement débattu sur les projets qui sont intégrés dans le Plan d’accélération de la transformation, et en ce qui concerne le ministère dont j’ai la charge, il y avait le volet de la formation professionnelle avec, entre autres, l’opérationnalisation des nouveaux centres et les nouveaux campus. S’agissant du volet Emploi, nous avons évoqué le rôle de l’Office national de l’emploi dans l’accélération de l’accès des jeunes à l’emploi », a expliqué Madeleine Edmée BERRE.

Prisca NLEND KOHO veut mettre en service les centres sociaux

Les projets prioritaires du ministre des Affaires sociales et des Droits de la femme sont focalisés sur la mise en service des centres sociaux dans la capitale gabonaise, notamment le Centre des enfants trisomiques dont les travaux de réhabilitation sont en cours à Libreville, et le Centre des enfants autistes dont la livraison est prévue pour le 4e trimestre 2021. « La réhabilitation de ces deux centres se fait en partenariat avec le Maroc, et nous tenions à mettre un accent sur l’accélération des travaux pour que les enfants qui souffrent de ces handicaps puissent être rapidement abrités quelque part », a-t-elle expliqué.

Pour 2022, Prisca NLEND KOHO veut également mettre en service le Centre d’accueil des femmes victimes de violences de Nzeng-Ayong, à Libreville. Elle prône une accélération des travaux de ce bâtiment afin d’abriter ces femmes à l’horizon 2022. Le financement de l’État est également attendu dans la mise en place de l’Observatoire des droits de la femme.

Le ministre des Affaires sociales compte enfin mettre en place le Fonds 4 des assurés de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) qui concerne les travailleurs indépendants et les assurés volontaires. « C’est un projet que le chef de l’État tient à cœur, d’autant qu’il permettrait de finaliser le toilettage du fichier des Gabonais économiquement faibles, avec le lancement de l’enquête sur les GEF proprement dit, et qui prendra en compte les nouvelles variables qui ont été arrêtées lors des ateliers que nous avons organisés il y a quelque temps ».

Le Gabon vise en 2022 l’autosuffisance alimentaire

Pour le PLF 2022, le ministre de l’Agriculture, Biendi MAGANGA-MOUSSAVOU veut amener le Gabon à l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire et l’autonomisation des jeunes gabonais à travers l’agriculture. Pour ce faire, selon lui « l’agriculture est une question transversale qui se fait avec beaucoup d’argent ».

Pour concrétiser les différents projets d’investissement agricole contenus dans le PAT, il faut des finances. « Nous avons l’ambition de réduire nos importations, de développer la production au niveau de notre pays, d’augmenter les surfaces cultivées, de faire en sorte que les Gabonais accèdent à un foncier sécurisé et que les quantités vivrières augmentent considérablement de plusieurs centaines de tonnes de manioc et de banane plantain », a confié Biendi MAGANGA-MOUSSAVOU au sortir de sa séance de travail.

Forêts et mines : deux secteurs porteurs de croissance

Les ministres des Eaux et Forêts et celui en charge du Pétrole ont décliné les projets du PAT que devrait prendre en compte le PLF 2022. Le Pr Lee WHITE campe notamment sur l’amélioration de la gestion durable des forêts, et l’atteinte de la 2e et de la 3e transformation sur le territoire national. À cela s’ajoute la bonne gestion, la valorisation des aires protégées et des parcs nationaux ; la lutte contre les changements climatiques ; la question du conflit homme/faune et d’affectation des terres. Aussi, dans le cadre de la gestion du conflit homme/ faune, est-il envisagé la création d’un fonds destiné aux victimes du conflit.

Pour Vincent de Paul MASSASSA, il sera question d’optimiser les recettes pétrolières en réduisant la production pétrolière si possible, en l’augmentant par des activités qui participent à la recherche et à la mise en évidence de nouveaux gisements. Mais aussi de booster la filière gazière par la construction d’infrastructures structurantes et bien plus. « Il y a également des aspects miniers qui doivent prendre le relais », notamment l’exploitation de certains gisements de fer.

Améliorer le quotidien des Gabonais

Ces conférences orientées vers « l’investissement et la démarche de la performance » ont aussi permis aux ministres de l’Énergie et des Ressources hydrauliques Alain-Claude BILIE-BY-NZE, des Travaux publics Léon Armel BOUNDA BALONZI, de la Communication Edgar Anicet MBOUMBOU MIYAKOU, de l’Habitat Olivier Abel NANG EKOMIYE et des Transports Brice Constant PAILLAT de présenter leurs différents projets d’investissement pour l’année 2022 pour satisfaire les populations dans les domaines sociaux, dont les attentes sont très importantes et nombreuses.

« Avec tous nos collègues autour du ministre du Budget, nous nous sommes retrouvés dans le cadre du pôle identifié dans le PAT comme le pôle transverse, pour regarder comment ces accélérateurs vont nous aider à atteindre nos objectifs. Chacun a donc pu estimer ses besoins pour 2022, en matière d’eau et d’électricité pour ce qui me concerne, notamment ce qui va être fait pour améliorer l’accès des populations à l’eau et à l’électricité », a indiqué Alain-Claude BILIE-BY-NZE.

Pour sa part, Edgar Anicet MBOUMBOU MIYAKOU a présenté son projet axé sur l’accès universel des populations à la téléphonie mobile à travers des programmes qui seront gérés par une agence affiliée à son département ministériel. Quant à Léon Armel BOUNDA BALONZI, il s’est agi de présenter son projet visant à améliorer tous les réseaux routiers du pays, aussi bien les réseaux nationaux que les réseaux urbains et interurbains.

Le ministre des Transports a pour sa part présenté un programme de réhabilitation des infrastructures, notamment les aéroports à l’intérieur du pays ; il a évoqué la situation de la CNNII et celle de la marine marchande avec leurs différents besoins. Enfin, Olivier Abel NANG EKOMIYE a présenté ses besoins qui nécessitent un certain nombre de financemen

Mobiliser les financements pour rendre opérationnels certains projets

Devant le ministre du Budget et des Comptes publics, les ministres de la Promotion des investissements et du Commerce ont présenté dans le cadre des conférences budgétaires, les projets d’investissements de leurs départements. Pour Camen NDAOT, il était question de revenir sur les task-forces notamment le climat des affaires et sur la promotion des investissements. L’objectif étant « de mobiliser les financements pour le suivi des réformes et de leur mise en œuvre en vue d’améliorer notre environnement des affaires ». La ministre en charge de la Promotion des investissements a mis l’accent sur le Guichet numérique de l’investissement, avec la nécessité de poursuivre son déploiement pour l’atteinte des objectifs de création d’entreprises en 48h.

Pour le ministre du Commerce, Hugues MBADINGA MADIYA, la priorité est la mise en œuvre de la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Il a également souligné la nécessité d’accentuer les efforts d’accompagnement des petites et moyennes entreprises par l’opérationnalisation des projets de la post sous-traitance au niveau de la Chambre de commerce.

Un budget estimé à 2,5 milliards de FCFA pour réhabiliter le stade d’Angondjé

Le ministre des Sports, de la Jeunesse, chargé de la Vie associative, Franck NGUEMA, a présenté ses différents besoins au ministre du Budget et des Comptes publics, Sosthène OSSOUNGOU NDIBANGOYE, pour l’élaboration du projet de loi de finances de l’exercice 2022. Il est question de la réhabilitation des infrastructures sportives, de jeunesse et de vie associative à travers le pays. Mais surtout la réhabilitation du stade d’Angondjé.

« Nous avons engagé un cabinet d’études pour faire le cahier des charges de tous les travaux de réfection et de réhabilitation du stade d’Angondjé. C’est un budget estimé à environ 2,5 milliards FCFA », a indiqué Franck NGUEMA tout en affirmant qu’un avis d’appel d’offres sera lancé.

En rappel pour l’année 2021, le budget adopté initialement par l’État était de 2681,5 milliards de FCFA. Il a été par la suite rehaussé de 362,2 milliards de FCFA, passant à 3043,7 milliards de FCFA.
Griffin ONDO

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