CPG, Pourquoi s’en vont-ils ?

CPG, Pourquoi s’en vont-ils ?
La nouvelle vague de départs enregistrée ce mois de mai 2022 au sein de la Confédération patronale gabonaise (CPG) n’est pas sans rappeler celle de l’année précédente au cours de laquelle certains membres de cette organisation, la plus importante du pays, avaient préféré quitter la barque. Pourquoi ce choix ? Le style managérial d’Alain BÂ OUMAR est-il contesté ? Que reproche t-on exactement au président de la CPG qui a dû démissionner compte tenu des pressions exercées à son encontre, y compris par d’autres membres ?

L’heure de la fin ?

En 2020, elle regroupait près de 350 entreprises réparties en une trentaine de syndicats professionnels qui représentaient alors 80% du PIB. La CPG a-t-elle amorcé son déclin, alors qu’elle revendique jusque-là 90% de l’emploi formel au Gabon ? S’il faut reconnaître qu’il est encore trop tôt pour songer à une telle issue, il faut néanmoins reconnaître également que le climat actuel au sein de l’organisation n’est pas très rassurant. Au début de ce mois de mai 2022, la Confédération a enregistré 8 départs d’un coup.

Il s’agit de membres parmi les plus importants de l’organisation créée en 1959, à savoir : l’Association professionnelle des établissements de crédit (Apec), le Syndicat des importateurs et exportateurs (Simpex), l’Union des représentants automobiles et industriels (Urai), le Syndicat des entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics (SEBTP). Mais également le Syndicat des sociétés hôtelières et de restauration, le Groupement professionnel des pétroliers (GPP), le Groupement des transporteurs terrestres et General business machines (GBM).

Dans une lettre commune faisant office de démission, les huit anciens membres indiquent qu’ils « ne sauraient désormais être associés aux activités et communications de la CPG ni être engagés par les actes de celles-ci. De même, ne pouvant se prévaloir de leur adhésion, la CPG ne saurait désormais s’exprimer en leur nom et pour leur compte ».

Comme un air de déjà-vu

Si le divorce entre la CPG et les huit membres démissionnaires peut en étonner plus d’un, cette importante vague de départs n’est pourtant pas la première pour la Confédération qui, en 63 ans d’existence, a déjà connu des péripéties similaires. La plus récente a été vécue en 2021. Le 9 juin de cette année, l’Union des représentants automobiles et industries (Urai), un des membres ayant démissionné en mai 2022, avait déjà quitté la barque. Et pour justifier sa démission, elle avait pointé l’inertie de la CPG dans la défense des intérêts de ses membres et le refus de l’organisation patronale de réviser à la baisse le montant de ses cotisations.

Le Syndicat des importateurs et exportateurs du Gabon (Simpex), s’est retiré le 2021, le Syndicat des entreprises du bâtiment et des travaux publics (SEBTP) 2021, et l’Association professionnelle des établissements de crédit (Apec) s’étaient eux aussi déjà retirés de la Confédération en 2021, respectivement le 7 juin, le 19 mars et le 24 décembre. Constat : il s’agit des mêmes organisations qui ont une nouvelle fois fait défection cette année 2022.

Des justifications peu convaincantes

Dans leur lettre transmise à la plupart des médias nationaux et internationaux, les membres démissionnaires de la CPG ne fournissent pas d’explications au sujet de leur défection. Ils se bornent à refuser d’être associés à la Confédération. Mais déjà, plusieurs médias et observateurs avaient deviné que leur initiative avait un lien avec le style managérial d’Alain BÂ OUMAR dont le second mandat de trois ans à la tête de la CPG s’achève en 2023. Certains membres l’accusent en effet de mauvaise gouvernance et n’hésitent plus à lui demander de démissionner. L’intéressé s’y est toujours refusé et compte bien finir son mandat.

Sous le couvert de l’anonymat, certains démissionnaires soutiennent que le patron des patrons « a complètement dévié de la ligne directrice du fonctionnement de la CPG que lui avaient confié les adhérents ». Alain BÂ OUMAR est aussi accusé de ne pas assez défendre les entreprises, y compris devant les pouvoirs publics. Enfin, d’autres démissionnaires font valoir que, « depuis son élection, il y a eu trop de problèmes avec les adhérents et les employés de la CPG ».

Certains ne cachent plus que leur démission vise une suite : la création d’une nouvelle organisation censée regrouper des syndicats professionnels déçus par les confédérations patronales actuelles. L’objectif étant une meilleure défense de leurs intérêts.

La CPG prend acte

À l’annonce de la démission de huit de ses membres par voie de presse, le bureau exécutif de la CPG a dit prendre acte de leur décision de quitter la Confédération. Dans un communiqué, le 4 mai 2022, l’instance dirigeante de la CPG ne s’est pas moins défendue face aux accusations portées à son encontre par ses anciens membres dont elle assure être « disponible pour envisager leur réintégration au moment opportun ».

« En août 2020, au terme de son premier mandat et après une élection ouverte et transparente, le bureau exécutif a été reconduit à la quasi-unanimité des suffrages exprimés, confirmant par la même occasion la confiance de nos membres dans les réformes entamées pour moderniser l’organisation », rappelle le communiqué qui ne manque pas d’énumérer les victoires engrangées depuis l’installation officielle du bureau actuel, le 24 février 2017, lors de l’ouverture du premier mandat d’Alain BÂ OUMAR. Et parmi les victoires issues des réformes initiées depuis l’arrivée de l’équipe dirigeante actuelle, le communiqué cite :
  • L’adoption d’un nouveau Code pétrolier, minier et du travail ;
  • La prolongation des discussions toujours en cours entre les entreprises des secteurs extractifs (pétrole, mines) et la BEAC sur la Réglementation des changes ;
  • Un partenariat renforcé avec l’AGANOR ;
  • Le dépistage et la vaccination contre la Covid-19 des agents en entreprise ;
  • L’annulation par le gouvernement de certaines dispositions fiscales (Taxe sur les transferts, exonération fiscale des primes de logement dans la Loi de finances 2022) ;
  • Le renforcement du rayonnement de la CPG à l’international (retour à l’Union des patronats d’Afrique centrale, redynamisation de certains Conseils d’affaires, établissement d’un lien fort avec le MEDEF, rôle important de la CPG dans le cadre de la nouvelle Alliance des patronats francophones) ;
  • Le renforcement de l’action de la CPG au Conseil d’Administration de la CNAMGS ;
  • L’arrivée de deux nouveaux secteurs d’activités importants (Agro-industrie avec le Groupe OLAM, Santé avec près d’une vingtaine de pharmacies et une clinique) ;
  • La contribution à la formulation du projet de loi pour les investissements ;
  • La redynamisation de la Fondation de la CPG, qui a appuyé pour près de 100 millions de FCFA le plan de riposte du gouvernement contre la Covid-19.

Clap de fin pour Alain BÂ OUMAR !

Sous pression depuis plusieurs jours, le président de la CPG a dû rendre son tablier le 20 mai 2022, quelques jours seulement après le départ des 8 membres. En effet, vomi par la quasi-totalité des membres de la Confédération, y compris ceux ayant fait le choix de ne pas quitter la barque, Alain BÂ OUMAR a présenté sa démission lors d’un conseil d’administration tenu au siège de la CPG, à Libreville. L’ex-président n’a pas rendu publiques les raisons qui l’ont poussé à céder, alors qu’il semblait tenir fermement en dépit de la crise.

Il n’empêche, selon certaines indiscrétions relayées dans la presse locale, l’ex-patron de la CPG aurait reçu des injonctions du plus haut sommet de l’État. Le patron d’IG Telecom aurait été reçu par Ali BONGO ONDIMBA trois jours avant sa démission. Le président de la République lui aurait sommé de démissionner, croit savoir le site d’information Gabonreview.
Griffin ONDO

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