CNSS, Comment sortir de la crise ?

CNSS, Comment sortir de la crise ?
Les plaintes récurrentes des usagers, les révélations sur les rémunérations de certains responsables et la situation financière catastrophique de la structure ont contraint le Conseil des ministres à prononcer au début de ce mois de juin la dissolution des principaux organes de décision de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). À leur place, une administration provisoire a été érigée. Celle-ci bénéficie de 12 mois fermes pour soigner ce grand corps malade. La tâche n’est pas aisée, mais il faut pourtant s’y résoudre pour éviter le pire. Comment en est-on arrivé là ?

ANNONCE DE « DÉCISIONS FORTES »

Créée en novembre 1975 sur les cendres de la Caisse gabonaise de prévoyance sociale (CGPS), près de 47 ans après, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) semble être arrivée au bout de ses capacités. En dépit des efforts consentis par l’État pour sa survie, la structure n’a plus ou que très peu de vision pour l’avenir. Ces 15 dernières années ont été émaillées de scandales divers et les différents managers placés à sa tête pointée du doigt pour leur gestion jugée peu orthodoxe sans que l’un d’eux ait véritablement eu jusque-là à répondre officiellement des accusations portées à son encontre. Pourtant, le point de non-retour semble avoir été franchi en ce début du mois de juin 2022 à la suite d’une nouvelle colère exprimée par les retraités lassés des retards à répétition dans le cadre du paiement de leurs pensions.

Comme il fallait s’y attendre, informé du malaise des aînés dont les sit-in étaient devenus les seuls moyens pour espérer rentrer dans leurs droits aux dates indiquées, Ali BONGO ONDIMBA avait convoqué, le 27 mai 2022, une réunion urgente au palais du bord de mer à laquelle ont prit part les ministres de la Santé, du Budget et les directeurs généraux de la CNSS et de la Caisse nationale d’assurance-maladie et de garantie sociale (CNAMGS). Au terme de cette séance de travail aux allures de demande d’explications à laquelle a également assisté le patron du Trésor public, le président de la République avait annoncé des mesures fortes censées remettre la structure sur les bons rails, conformément aux attentes des populations, particulièrement celles de ses usagers qui n’en peuvent plus des maltraitances infligées depuis de longues années.

« Je veux plus d’efficacité et d’efficience dans l’intérêt des Gabonais. Pas plus que dans d’autres domaines, je ne tolérerai plus longtemps dans celui-ci la persistance de dysfonctionnements », avait alors exigé le Président dans un post sur Facebook après cette réunion au cours de laquelle il n’avait pas manqué de rappeler que « la sécurité sociale et l’assurance-maladie sont des piliers de notre République ».

12 MOIS POUR RÉPARER LA CAISSE

En décidant de suspendre les fonctions des membres de la direction générale et celles des membres du conseil d’administration, les autorités ont fait le choix de l’avenir, au risque de laisser la CNSS continuer de sombrer du fait de la gabegie s’étant profondément installée au sein de cette institution. Un homme, ancien de la Caisse des dépôt et consignation (CDC), Christophe EYI, a été choisi par le chef de l’État pour redonner de l’espoir aux usagers. Sa mission ne sera pas aisée. Loin de là !

Pourtant, le pays entier compte sur lui pour remettre d’aplomb la CNSS et lui donner un souffle nouveau. L’administrateur provisoire est chargé, selon les clauses du contrat, d’assurer l’administration, la gestion et la réforme de la structure sur une période d’une année ferme. Mis en place pour permettre une meilleure visibilité de son action au cours des 12 prochains mois, le Comité de surveillance et de contrôle institué au même moment travaillera comme un « organe d’appui à l’exercice du pouvoir de contrôle de l’État sur les actes de gestion des organismes de protection sociale ». Gageons que tout reviendra à la normale dès juin 2023.

OUST LA DIRECTION GÉNÉRALE ET LE CONSEIL D’ADMINISTRATION !

C’est donc sans grande surprise que le 7 juin 2022, le Conseil des ministres a décidé de mettre de l’ordre une bonne fois pour toutes pour permettre à la structure de remplir efficacement ses missions. Présentés par le ministre de la Santé et des Affaires sociales, Dr Guy Patrick OBIANG NDONG, trois projets de décret ont été adoptés ce jour-là, le premier portant dissolution du Conseil d’administration et cessation des fonctions des membres de la direction générale de la CNSS, le deuxième instituant une administration provisoire de la Caisse et le troisième instituant un Comité de surveillance et de contrôle des organismes de protection sociale.

À travers ces différentes mesures, les plus hautes autorités du pays tentent d’empêcher que le pire ne survienne : la fermeture définitive de la Caisse dont le gouvernement ne cache plus qu’elle est « en cessation de paiements ».

Aussi, dans son communiqué du Conseil des ministres explique-t-il que « [ces] trois projets de textes, qui s’inscrivent dans le cadre de la réforme de la mission gouvernementale de protection sociale et de la préservation du bien-être des populations en général et des assurés sociaux en particulier, résultent de la récurrence des profonds dysfonctionnements dans l’accomplissement de la mission de service public exécutée par le conseil d’administration et la direction générale de la CNSS ».
Griffin ONDO

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