Les étranges leçons d’une surprenante pandémie.

Les étranges leçons d’une surprenante pandémie.
On a beau être convaincus qu’on fait partie du même monde, que la fluidité des communications est si étendue aujourd’hui que la planète entière est devenue un vaste village (selon la formule consacrée), il reste quand même que l’expansion mondiale, depuis le début de l’année, de la covid19 devrait nous porter à nous interroger.

Quand même, ce coronavirus n’a-t-il d’abord frappé l’humanité qu’aux entrailles de ses nations les plus riches, orgueilleuses, surpuissantes, maillots jaunes de la prospérité, de la finance et de la technologie? Car les ratios que la pandémie nous présente sont quand même étonnants, quand bien même les médias occidentaux nous certifient encore qu’elle entend mettre toute l’humanité devant le même risque de fragilité.
Les chiffres d’abord (agrégés de plusieurs sources), par ordre de gravité : le monde affiche le lundi 6 juillet à 13 heures, près de 11 783 000 cas d’infection diagnostiqués dans 196 pays et territoires, dont au moins 5 991 700 aujourd’hui considérés comme guéris et 542 372 décès.

A ce jour, les Etats-Unis sont le pays le plus touché, avec 129 947 décès. Suivent le Brésil (64 867), le Royaume-Uni (44 220), l’Italie (34 861), le Mexique (30 366), et la France (29 893).
La répartition des cas par continent est la suivante :
Amérique du nord : 3.572.715 cas (Population : 579 millions)
Europe : 1.806.971 cas (Population : 741,4 millions)
Asie : 3.348.549 cas (Population : 4,463 milliards)
Amérique du sud : 2.552.941 cas (Population : 422 millions)
Afrique : 496.952 cas (Population : 1,216 milliards)
Océanie : 10.740 cas (Population : 38,3 millions d’habitants)

Les seules contestations de ces chiffres nous viennent de certains scientifiques et médias occidentaux, qui affirment, concernant la Chine par exemple, qu’il n’est pas possible qu’elle n’ait eu que 4.636 décès. (Pour mémoire : la Chine a une population de 1,393 milliards d’habitants et a déclaré 83,853 cas positifs). Personne, par contre, ne conteste les chiffres de l’Inde (population 1,353 milliards, 723.195 cas positifs pour 20.201 décès), qui sont légèrement supérieurs à ceux de l’Afrique (population 1.216 milliards, 496.952 cas positifs pour 11.701 décès).

Premier constat, le plus surprenant d’ailleurs: l’ordre mondial est respecté. Alors que le virus semblait avoir démarré sa course dans la cacophonie, il s’est résolu à respecter la courbe de la distribution normale de la richesse dans le monde. Je n’irai pas jusqu’à certifier que sa main invisible a adapté et régulé son expansion en fonction des lois du marché. Pourtant l’observatoire des inégalités renseigne (dès 2013) que l’Amérique du Nord et l’Europe détiennent ensemble 64,4 % du patrimoine monétaire mondial (32,7 % pour l’Amérique du Nord et 31,7 % pour l’Europe), l’Asie-Pacifique en détient 30,7 %, tandis que L’Afrique ne dispose que de 1,1 % de la richesse mondiale. Les courbes de la richesse mondiale et de la Covid pourraient presque se fondre, se confondre et se rouler des pelles !

Second constat, découlant du premier : le virus descend les marches de l’escalier au lieu de les grimper. Le 26 mars, les Etats- Unis avaient dépassé la barre des 80.000 cas, contre moins de 500 pour le voisin mexicain. Aujourd’hui (quatre mois plus tard), les USA affichent 3.042.950 cas et le Mexique 261.750 cas : s’il y a eu osmose, c’est allé dans quel sens ? L’ironie ici, c’est que si la crise persiste, le Mexique risque, ainsi que l’avait prédit Donald Trump, d’achever de construire ce mur qui le sépare des USA – mais pour empêcher que des américains positifs à la Covid ne traversent la frontière pour répandre le virus au sud.

L’Afrique est dans le peloton de queue. On ne s’en étonne plus, habitués que nous sommes de trainer le pas derrière le reste de l’humanité. Mais pour une fois, avouons que l’effet est bénéfique. J’entends déjà certains prêcher, un livre saint à la main, que « les derniers seront les premiers …» ! On n’en est pas encore là, gardons les pieds sur terre.

Au-delà du « on vous jure qu’autour du mois d’aout ça va vous tomber dessus pire que l’Europe », que l’OMS nous lance déjà chaque matin au réveil ; au-delà du « vous serez le principal réservoir des foyers secondaires de contamination de ce virus » que l’Asie (qui a déjà commencé) et l’occident (qui s’y mettra bientôt) nous réservent comme accusation dans les mois à venir (parce qu’il faut bien que l’Afrique soit fautive quelque part dans cette affaire, sinon cela déstructure la logique même de l’aide au développement – et des vaccins qui vont avec), il est tentant de souligner les inconséquences vers lesquelles le crépuscule de cette pandémie va nous conduire.

Dernier constat : l’épopée chevaleresque de ce virus va repositionner les déterminants et les enjeux de ce commerce triangulaire qui fait de l’Amérique du Nord et de l’Europe, les maîtres incontestés d’un commerce triangulaire dans lequel l’Afrique est le champ de coton à ciel ouvert et l’Asie l’atelier de couture confiné. Signes avant-coureurs : la Chine bouscule les lignes en se positionnant comme fournisseur exclusif d’équipements mondiaux, et l’Afrique fabrique déjà sa tisane pour résister à la pression bientôt insistante (et plutôt menaçante) de vaccins certifiés FDA (Food And Drug Administration) et/ou ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé) et imposés via l’OMS. Le monde devient anxiogène. Les gestes barrières vont entrainer des comportements barrières, qui eux même vont nous replier vers des économies barrières.
Omer Ntougou

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