La Mayonnaise de l’entrepreneuriat peut-elle prendre ?

La Mayonnaise de l’entrepreneuriat peut-elle prendre ?
Le New York Forum for Africa aurait été une grande première au Gabon dans le domaine de la promotion de l’initiative privée. Mais cette grande messe a certainement marqué les prémisses d’une vision nouvelle dans l’inconscient de citoyens noyés dans la pensée unique de la rente depuis plus d’un demi-siècle. L’esprit entrepreneurial qui jusque-là apparaissait comme une idée lointaine dans l’esprit des jeunes gabonais habitués à l’État-providence certaine, commençait son bonhomme de chemin.
Avec l’avènement de la politique de l’Émergence qui met au centre de son action l’investissement privé, on assiste à une émulation de l’entrepreneuriat au Gabon. Agents, cadres moyens et hauts cadres du secteur privé, fonctionnaires de toutes les catégories confondues s’y sont mis.

Une certitude demeure : le cadre macro-économique apparent offre des opportunités réelles aux Gabonais pour entreprendre dans leur propre pays.

Grâce aux nombreuses richesses de son sous-sol, le pays a toujours bénéficié d’une manne financière sans égale dans la sous-région. Aujourd’hui, cette réalité ne tient plus. Les temps ont changé. D’abord, le changement de paradigme. La vision du Gabon Émergent prônée par le Président Ali Bongo Ondimba s’inscrit à l’opposé de celle de son prédécesseur Omar Bongo Ondimba. Puis, la crise pétrolière de 2014 et ses effets néfastes sur l’économie des pays producteurs africains ont terriblement secoué asséchée les finances publiques, au point où l’initiative privée devient la seule alternative.

Dès son arrivée à la tête de l’État, le Président marque un schisme avec le modèle rentier à travers son projet de société, « L’Avenir en confiance », qui met en avant l’entrepreneuriat comme réponse à un fort taux de chômage - surtout celui des jeunes -. En plein milieu de son premier mandat, une politique de promotion de l’entrepreneuriat est lancée, Il engage le pays sur une réelle politique d’industrialisation afin de booster la diversification de l’économie. Aussitôt, l’Agence Nationale de Promotion des Investissements (ANPI) est mise en place avec pour missions principales d’attirer les investisseurs, faciliter les affaires, dont la création d’entreprises, mais surtout promouvoir l’entrepreneuriat local. Puis le Grand Prix de l’Excellence. Il s’agit d’une compétition, une première au Gabon, dans laquelle tous les Gabonais de 18 à 40 ans sont invités à présenter un projet d’entreprise ; au-delà de plusieurs enveloppes, les 15 meilleurs projets bénéficieront d’une cagnotte de 30 millions de FCFA. Des jeunes de tous les horizons du pays participent.

Selon l’organisateur, Junior Achievement, une ONG américaine avec plus de 100 ans d’expérience dans le domaine. Les résultats sont étonnants. Plus de 1400 candidatures sont soumises à l’équipe d’organisation de ladite compétition. De nombreux compatriotes se sont découvert un don dans le business.

De nombreuses décisions et initiatives se sont ajoutées aux compétitions. Notamment, la révision de la journée de travail qui débute désormais à 7h30 et se clôture à 15h30 avec une pause de 30 minutes à partir de 13h, permettant ainsi aux uns et aux autres de pouvoir vaquer à des occupations personnelles, telle que monter sa propre affaire ou gérer son entrepôt en fin d’après-midi jusqu’au soir. À cela s’ajoutaient, dans la foulée de 2014, plusieurs conférences dont les thèmes portaient de près ou de loin à l’entrepreneuriat.

Aujourd’hui, la grande question est de savoir si cette mentalité, visiblement adoptée par le plus grand nombre, va perdurer ? Mais, on peut aussi lire les choses autrement : les Gabonais ontils réellement le choix ?

Le Gouvernement l’a bien compris, l’entrepreneuriat voire l’auto-emploi apparaît comme l’alternative par excellence. D’où, de vastes projets de formation professionnelle en phase terminale dans la ZES de Nkok pourront offrir un métier à une population qui en a réellement besoin. Sont aussi nécessaires pour soutenir la promotion de l’entrepreneuriat des financements plus souples que ceux, très rares, des banques commerciales de la place. Par exemple, le Fonds Okoumé en est une réponse salvatrice. Offrir des financements de type fonds d’amorçage ou fonds de roulement est nécessaire pour accompagner les nouveaux et jeunes promoteurs.

La mayonnaise a-t-elle pris ? Oui, on peut le dire avec certitude. L’année 2020 a montré des exploits en ce sens. En 5 mois seulement, et malgré le Covid-19, plus de 4300 entreprises ont été créées dans le pays, presque 3 fois le nombre de créations durant l’année 2018. Le nombre de créations est sans cesse croissant. Quel engouement ! Il est clair et certain que la machine ne peut plus s’arrêter. Ce qui est d’autant plus évident, c’est que la voie a été ouverte.

Gael Vianey Ndoutoume

Responsable des Opérations MHAF Services, Manager des Ressources humaines.

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