La dot dans la société gabonaise.

La dot dans la société gabonaise.
Dans le cérémoniel du mariage coutumier la dot est l’élément principal, une forme de compensation matrimoniale dont bénéficient les parents pour le départ de leur fille au profit du groupe familial de l’homme. Le vide ainsi causé devant être comblé, les parents de ce dernier offrent alors à ceux de la fille les moyens qui leur permettraient de prendre une épouse pour un membre de la famille.
Si, la fonction de la dot est de permettre la circulation des femmes entre groupes sociaux, elle permet aussi de légitimer les fruits de l’union entre un homme et une femme au profit de l’homme et de son lignage. Les justifications de la pratique de la dot lors du mariage se retrouvent ainsi dans toutes les sous-structures de la société d’autant plus que la dot a à la fois une dimension politique, économique, culturelle et sociale. De ce fait, la famille de la mariée ne renonce pas à leur enfant, mais aux différentes dimensions qu’elle incarne en tant que source de richesse ; économique, culturelle et sociale de leur fille, la femme étant considérée comme une richesse.

On peut donc comprendre qu’une femme dotée est un patrimoine que l’on cède. Les fruits du mariage n’appartiennent ni à elle ni à sa famille : le sang qui détermine le lignage, les investissements matériels et financiers appartiennent à un autre clan, un autre lignage. Contrairement au mariage gréco-romain, dans le contexte du mariage dit coutumier, la mariée n’est pas seulement l’épouse de son conjoint mais celle de tout le clan, elle n’a pas le statut de belle-fille ou de belle-sœur mais celui d’épouse, elle n’hérite pas car elle est elle-même un bien, un héritage que l’on peut se transmettre dans la famille.

Dans un passé proche, les femmes étaient élevées et éduquées pour le mariage, être des épouses productives pour des unions prolifiques et prospères qui durent dans le temps et soudent les liens entre les différentes familles, clans, tribus ou peuples. Souvent, c’était dès la naissance elles étaient déjà promises à quelqu’un, nul besoin de leur consentement.

De nos jours, les femmes se marient par choix, c’est un projet de vie avec un conjoint qu’elles connaissent et qu’elles aiment et avec qui elles ont décidé de passer toute leur vie. Le mariage n’est plus une transaction dont la femme est la marchandise d’échange à ses dépens et sans son consentement. Mieux, désormais c’est elle qui impose son choix à sa famille, elle peut même si possible selon les circonstances négocier le montant de sa dot elle-même avant auprès de son fiancé.

Cependant, combien de femme savent réellement ce que dit le droit coutumier dans leur culture et celle de leur fiancé lorsqu’elles s’engagent ? La teneur des rituels, des mots prononcés, des objets échangés ? Le cérémoniel du mariage est-au fils des années devenus un folklore, un simple jeu de rôles auxquels les différents acteurs se prêtent pour légitimer une union.

Les prétendantes au mariage s’engagent corps et âme dans une union dont elles sont incapables d’assumer les clauses du contrat une fois que le pire survient. Le nombre de veuves éplorées criant à la spoliation et à l’injustice en est la preuve. Le phénomène est de plus en plus d’actualité malgré les campagnes de sensibilisation des différentes parties prenantes. Pourtant, à y regarder de très près, on ne peut pas véritablement parler de spoliation encore moins d’injustice mais plutôt de l’éternel incompréhension entre tradition et modernité. On aime la tradition lorsqu’elle nous honore et sert nos intérêts du moment mais elle devient très vite l’ennemi à abattre lorsqu’elle nous brule par sa justice ancestrale.

Sveltana Adah Mendome

Citoyenne.

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