Gabon : 60 ans d’une interminable marche vers le développement.

Gabon : 60 ans d’une interminable marche vers le développement.

Le 17 août 2020, le Gabon célèbre la soixantième année de son accession à la souveraineté internationale, obtenue de la France en 1960. Cette célébration se fait dans un contexte particulier marqué par la crise sanitaire liée à la Covid-19. Une situation qui impose des ajustements dans la traditionnelle cérémonie de commémoration de cette date. Cependant, de ces soixante ans, chaque Gabonais est en droit de mesurer la courbe de l’évolution sociale et économique du pays. Un exercice certes fastidieux, mais combien important pour les quarante années qui nous séparent du siècle de vie de la République gabonaise.

Le 17 août 2020, le Gabon célèbre la soixantième année de son accession à la souveraineté internationale, obtenue de la France en 1960. Cette célébration se fait dans un contexte particulier marqué par la crise sanitaire liée à la Covid-19. Une situation qui impose des ajustements dans la traditionnelle cérémonie de commémoration de cette date. Cependant, de ces soixante ans, chaque Gabonais est en droit de mesurer la courbe de l’évolution sociale et économique du pays. Un exercice certes fastidieux, mais combien important pour les quarante années qui nous séparent du siècle de vie de la République gabonaise. Depuis 1960, le Gabon célèbre son accession à la souveraineté internationale après 121 ans de colonisation française dès 1839. Une période qui de nos jours, on peut le dire, suscite des interrogations en matière d’héritage sur les nouvelles générations. Seulement, il n’est point ici le lieu du procès de la colonisation quoiqu’elle fût à la base de la fondation de la République gabonaise. La période qui nous concerne traite des soixante années d’indépendance de notre pays et sa quête inlassable pour s’inscrire sur la voie du développement tous azimuts. Sans faire de confusion avec la croissance économique, interroger le développement pour nous renvoie à parler du développement économique et social, qui fait référence à l’ensemble des mutations positives sur les plans techniques, démographiques, sociales et sanitaires que peut connaître un pays ou une région du monde. Des aspects essentiels pour marquer l’évolution d’un État. Il n’est un secret pour personne que le Gabon avec 267667 km2 dispose d’un fort potentiel en ressources naturelles, tout en disposant d’une démographie relativement petite devant la prépondérance de la couverture végétale. Ainsi, depuis 1960, les trois Chefs d’État, qui s’y sont succédé, ont géré des ressources budgétaires, qui au demeurant devaient résolument conduire le pays sur la voie du développement et du modernisme. Il faut reconnaître que les programmes de développement inscrits dans les idéaux politiques des présidents Léon Mba (1961- 1967), Omar Bongo Ondimba (1967-2009) et depuis 2009 par Ali Bongo Ondimba, n’ont de cesse de vendre l’ambition de la construction d’un pays moderne. Le président Léon Mba fut l’architecte de la construction des infrastructures routières nationales. De nombreux vestiges de la concrétisation de la réalisation de l’interconnexion entre les différentes régions du Gabon sont encore appréciables sur plusieurs linéaires sur les routes du pays. En ce qui concerne le long règne d’Omar Bongo Ondimba, soit 42 ans au pouvoir, il faut lui reconnaître deux ambitions essentielles. La première consistait en la construction de l’unité du pays. La seconde reposait sur le développement économique à travers l’exploitation sans ménage de toutes les ressources naturelles. Concernant la construction de l’unité nationale, Omar Bongo est sans conteste celui qui aura permis aux Gabonais des quatre coins du pays d’accepter de se mettre ensemble pour construire la « Nation gabonaise ». Certes, ce fut au prix de la privation des libertés politiques avec la création de l’ancien parti unique, le Parti démocratique gabonais (PDG) en 1968. D’ailleurs, il est toujours présenté de nos jours comme le « creuset » de l’unité nationale. L’idéal fut donc de conduire les populations de la République naissante vers un rêve commun. Surtout, au lendemain du coup d’État manqué de 1964 contre le président Léon Mba. Du développement économique, il est l’homme du boom pétrolier des années 1970, de l’exploitation du manganèse et de l’uranium… L’exploitation des matières premières pour soutenir le développement du Gabon a eu pour incidence de favoriser l’investissement dans les grands travaux d’infrastructures à l’exemple du chemin de fer reliant la province de l’Estuaire à celle du Haut-Ogooué ; la construction du port d’Owendo. Il y a aussi la création des grandes entreprises parapubliques, qui ont favorisé la lutte contre le chômage. Mais des succès économiques d’Omar Bongo Ondimba, force est de reconnaître que les efforts fournis entre 1970 et 1989 pour asseoir le développement économique et social du pays se sont dissipés à la vitesse de la vapeur alors qu’il assumait encore la charge de l’État. De 1990 à sa mort en 2009, les ambitions économiques et sociales pour le Gabon ont fait place au jeu politique, laissant ainsi la porte ouverte à la gabegie, la corruption et les détournements. Une situation qui a fini par fragiliser voire ébranler tous les leviers jadis importants à la construction d’un pays prospère et moderne. Si, à l’arrivée d’Ali Bongo Ondimba à la tête du pays, le Gabon jouissait d’une certaine respiration budgétaire avec 2 095 979 429 500 FCFA selon le Décret 024/PR portant promulgation de la loi n°001/2010 déterminant les ressources de l’État pour l’année – un montant qui sera en constante hausse par la suite – il hérite néanmoins d’un pays économiquement et socialement fragile du fait de la longue période de gestion de son prédécesseur. Il va lui aussi s’inscrire dans les grands projets d’infrastructures, notamment routières ; la construction des logements dits « sociaux », etc. Le premier septennat donne des gages d’une ambition d’ « émergence » économique et sociale du pays. Seulement, la conjugaison de la fébrilité institutionnelle et l’absence d’éthique des responsables politiques et administratifs, les piliers de la politique du « Gabon Émergent » ont mené aux détournements massifs des deniers publics. Les opérations de lutte contre la corruption « Mamba » et « Scorpion », commanditées par le Président Ali Bongo Ondimba, suffisent pour illustrer l’ampleur des dégâts. En définitive, au moment où nous allons célébrer le soixantième anniversaire de la République gabonaise, le faste du cérémoniel qui sera retenu ne doit pas occulter la laborieuse marche vers le développement économique et social de notre pays, notamment à une période que nombreux décrivent déjà incertaine du fait de la pandémie du coronavirus. Les attentes sont les mêmes depuis 1960, rien ou presque n’a changé. Les plaintes sont nombreuses. Les politiques doivent véritablement ancrer l’éthique et la déontologie dans la gestion de la chose publique. Reconnu comme un havre de paix, la précarité et la misère constituent désormais des terreaux fertiles à l’insécurité. Il faut plus qu’auparavant rectifier le tir avant que la paix des cimetières ne soit le seul remède. Romuald Ndong Assoumou

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