PRIX DU PAIN, L’impact de la crise mondiale.

PRIX DU PAIN, L’impact de la crise mondiale.
Partie d’une inflation au niveau mondial après la hausse vertigineuse des prix du blé, l’augmentation du prix de la baguette de pain a fini par atteindre le Gabon en début-février 2022. En dépit des discussions initiées par le gouvernement avec les boulangers et les principaux fournisseurs de farine de blé, la baguette traditionnelle n’est désormais plus accessible qu’en boulangerie, remplacée chez les épiciers par une demi-baguette qui implique une certaine hausse en plus du changement des habitudes de consommation que ce choix impose. Comment en est-on arrivé là ?

UNE CRISE MONDIALE

Si le Conseil international des céréales avait prévu que la production mondiale de blé tendre pour la campagne 2021 s’élèverait à 777 millions de tonnes, ce qui constituerait un niveau record, l’organisation avait également prédit que la consommation totale sur la même période devait atteindre 782 millions de tonnes. Environ un quart de cette quantité serait exporté.

Seulement, en 2021, la tonne de blé tendre avait enregistré un record qui n’avait plus été atteint au cours des 10 dernières années. Celle-ci avait dépassé, dès le mois de novembre, le prix de 300 euros sur Euronext. En cause, plusieurs facteurs, d’abord ceux liés à la réduction des récoltes par des sécheresses à certains endroits et des inondations dans d’autres pays producteurs tels que la France. Ensuite, la forte demande en Chine et au Moyen-Orient ont exacerbé cette flambée. Le coût de l’énergie a également été un facteur non négligeable de cette inflation.

« Le marché mondial est assez tendu. La hausse de la demande, en provenance notamment de Chine, qui devient un importateur récurrent, est forte. Et la production a été un peu revue en baisse», avait en effet résumé au Figaro l’économiste spécialiste des matières premières Philippe CHALMIN.

L’IMPACT AU NIVEAU NATIONAL

C’était inévitable. La flambée des cours du blé sur le marché international a eu impact au niveau national. Dès ce mois de février 2022, la Société meunière et avicole du Gabon (SMAG), filiale de la Société d’organisation de management et de développement des industries alimentaires et agricoles (SOMDIAA), et d’autres fournisseurs ont décidé d’augmenter le prix du sac de farine de 50 kilogrammes. Celui-ci, confirme RFI, qui s’est rapproché des boulangers gabonais, est passé de 16 200 à 19 000 francs CFA, soit une hausse de 3 000 francs CFA difficilement supportable pour les fabricants de baguettes.

Conséquence logique : le prix de gros dans les boulangeries a lui aussi connu une hausse. Ainsi, la baguette de pain est passée de 115 à 125 francs CFA. Mieux, les boulangers ont estimé ne plus pouvoir assumer la charge du transport ; ce qui a conduit à l’arrêt de la distribution dans plusieurs localités du pays et certains quartiers de la capitale. Résultats des courses, les détaillants parvenant à se faire livrer du pain ont opté pour une hausse de 25 francs CFA de la baguette qui est alors passée par endroit à 150 francs CFA.

« Du fait de l’augmentation du sac de farine et dans le souci de ne pas faire faillite et fermer nos boulangeries, nous avons trouvé utile de réduire nos dépenses sur le transport et la logistique », explique Jabber NGUEMBIT, le président du syndicat des boulangers du Gabon.

UNE PRÉOCCUPATION GOUVERNEMENTALE

Au gouvernement, cette situation est jugée plutôt préoccupante, du fait qu’elle touche directement le bien-être des populations déjà confrontées à la double crise économique et sanitaire liée à la pandémie de coronavirus. Or, les autorités tiennent à garantir coûte que coûte le pouvoir d’achat de leurs compatriotes.

« La protection du pouvoir d’achat des Gabonais est une priorité pour le président de la République SE Ali BONGO ONDIMBA et pour mon gouvernement. Malgré la flambée des cours du blé, le prix de la baguette de pain n’augmentera pas pour nos compatriotes. Il est fixé à 125 FCFA. C’est le résultat du dialogue mené avec les parties prenantes, en particulier le secteur privé », s’est exprimée Rose Christiane OSSOUKA RAPONDA dans un post sur sa page Facebook à la suite de son entretien, le 8 février 2022, avec Alexandre VILGRAIN, PDG de SOMDIAA.

Le ministère de l’Économie et de la Relance a ainsi entrepris des négociations avec tous les acteurs de la filière (meuniers, boulangers, revendeurs), le 5 février à Libreville. Objectif : maintenir à 125 francs CFA le prix du pain sur toute l’étendue du territoire national, en dépit du contexte mondial.

« Le gouvernement rappelle que le prix de la baguette de pain est de 125 francs CFA à l’unité dans les boulangeries. Il rappelle également aux opérateurs la nécessité de maintenir ce prix et toute spéculation sur ce produit sera réprimée et sanctionnée selon les disposions prévues par la loi », précise le communiqué ayant sanctionné la rencontre entre le gouvernement et les acteurs de la filière meunière

L’OPTION DE LA DEMI-BAGUETTE RETENUE

Après des jours de négociations, le gouvernement, les boulangers et les détaillants ne sont pas parvenus à s’entendre sur le maintien au prix initial de la baguette ou une légère augmentation chez les épiciers, c’est l’option d’une demi-baguette qui a finalement été adoptée par les trois parties assistées par les organisations censées représenter les consommateurs. Ainsi, depuis la mi-février 2022, les consommateurs ont dû changer leurs habitudes.

« Il y a un nouveau pain qui a été introduit dans le commerce avec une nouvelle dimension, et qui est au prix de 75 francs. Ça doit être entendu de tous », a déclaré, le 15 février 2022, le ministre du Commerce Hugues MBANDIGA MADIYA au terme d’une nouvelle séance de travail avec les acteurs du secteur. Le membre du gouvernement n’avait d’ailleurs pas manqué de réitérer les menaces de répression proférées quelques jours plus tôt contre les commerçants qui profiteraient de la situation pour « faire de la spéculation et mettre à mal le pouvoir d’achat des populations ».

Alors que le prix du sac de farine de blé de 50 kilogrammes a lui aussi connu officiellement une hausse, passant de 16 200 à 19 000 FCFA, à peine nommé, Yves Fernand MANFOUMBI a tenu à échanger lui aussi avec les principaux acteurs de la filière meunière. Au cours de cette rencontre, le ministre du Commerce n’a pas manqué d’exprimer ses inquiétudes par rapport au commerce de la farine de blé au Gabon. Face à la crise, le membre du gouvernement a rappelé aux importateurs et aux producteurs la nécessite de sécuriser l’approvisionnement régulier de cette matière première afin de garantir aux populations l’accès ininterrompu au pain, aliment de base de nombreux ménages. Il faut dire que la crise en Ukraine n’est pas étrangère à l’initiative du ministre qui veut éviter que celle-ci impacte la filière d’approvisionnement.
Griffin ONDO

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