LUTTE CONTRE LA VIE CHÈRE, La stratégie portuaire du Gabon pour réduire les coûts.

LUTTE CONTRE LA VIE CHÈRE, La stratégie portuaire du Gabon pour réduire les coûts.
En dépit de la crise économique qui continue de sévir, le Gabon a décidé de maintenir la subvention à un certain nombre de prix des produits de première nécessité pour lutter contre la vie chère, alors que le conflit russo-ukrainien, principale raison de l’inflation actuelle, fait rage en Europe. L’une des stratégies adoptées par les autorités pour soutenir les ménages a été de prendre des mesures visant notamment à réduire le coût de passage portuaire des marchandises conteneurisées à l’importation. Les résultats sont plutôt satisfaisants à ce jour, même si l’État déplore 340 milliards de FCFA de pertes sur ses recettes depuis 2012.

Les prix à nouveau à la hausse

Au Gabon, les ménages se plaignent à nouveau d’une hausse des prix des produits de première nécessité. Selon le gouvernement, cette situation est consécutive à deux faits majeurs : la pandémie de coronavirus dont les effets néfastes continuent de se faire ressentir et le conflit opposant la Russie à l’Ukraine depuis le 24 février 2022. Fortement dépendant de l’extérieur en matière d’approvisionnement en produits de première nécessité, le Gabon, en dépit de la crise économique qui sévit, n’a pourtant pas suspendu les mesures prises dès 2015 pour alléger l’impact de ces différentes situations sur le portefeuille des ménages. Bien au contraire ! Élaborée et mise en œuvre par le ministère de l’Économie en 2012, la mercuriale des prix des produits de première nécessité est toujours d’actualité. Celle-ci émane notamment de l’exonération des droits et taxes à l’importation consentie par l’État. Une mesure ayant d’ailleurs entrainé une perte de 340 milliards de francs CFA des recettes de l’État au cours des 10 dernières années. Soit une moyenne annuelle de 33 milliards de francs CFA, selon l’exposé de la ministre de l’Économie et de la Relance, Nicole Jeanine Lydie ROBOTY épouse MBOU, devant les députés le 31 mai 2022.

Mais la subvention des prix de première nécessité, à l’instar du blé, n’est pas la seule mesure prise par le gouvernement pour lutter contre la vie chère. Le secteur du transport de fret fait partie de ceux sur lesquels l’Etat s’est concentré pour préserver le panier de la ménagère. Plusieurs mesures spécifiques ont été prises, particulièrement sur le coût de passage portuaire des marchandises conteneurisées à l’importation au Gabon.

Les principales mesures gouvernementales liées au transport de fret

Ces 7 dernières années, le gouvernement n’a pas cessé de prendre des mesures visant à contrer l’impact non négligeable sur la vie des Gabonais des crises externes. Le 2 juin 2016 déjà, les plus hautes autorités du pays avaient lancé une série de mesures dans le domaine du transport de fret. Il s’agissait de :
  • La baisse de la Redevance d’utilisation du Système informatique (RUSID) de 3% à 1,5% ;
  • La suppression des Autorisations de mise à consommation (AMC), et de Mise sur le marché (AMM) (25 000 FCFA/conteneur) et des frais d’inspection (5 FCFA/ kg) de la Direction générale de la Consommation et de la Concurrence (DGCC) ;
  • La baisse de 4% de la Commission des droits de trafics sectoriels (CDTS) pour le Conseil gabonais des chargeurs (CGC) (1692 FCFA/m3 à 13 775 FCFA/20’ et 26 238 FCFA/40’) ;
  • La suppression des frais relatifs à l’Attestation sanitaire de mise sur le marché (ASMM) de l’Agence gabonaise de la sécurité alimentaire (AGASA) ;
  • La baisse de 50 % de frais relatifs au Certificat sanitaire vétérinaire à l’importation (CSVI) ;
  • La baisse des tarifs portuaires des opérateurs privés.

Pour quelles incidences ?

Sept ans après l’adoption de ces différentes mesures censées empêcher une flambée des prix à la destination finale des consommateurs, quel est leur réel impact ? Ont-elles porté les résultats attendus ? À quel niveau se situent les pertes de l’État au profil des ménages ?

Pour répondre à ces questions, le Conseil gabonais des chargeurs (CGC) a mené en 2021 une analyse sur le coût de passage portuaire des marchandises conteneurisées à l’importation basée sur le bordereau d’identification électronique et de traçabilité des cargaisons (BIETC). Cette étude, qui s’est appuyée sur les données statistiques des conteneurs débarqués durant les cinq premiers mois de l’année 2021 (de janvier à mai), a été rendue publique en juillet 2021. Il en ressort que l’application rigoureuse des textes réglementaires sur la vie chère, issus des résolutions du Conseil des ministres du 02 juin 2016, a considérablement réduit le coût de passage portuaire, s’agissant aussi bien pour les frais administratifs des conteneurs que pour les frais de prise en charge des conteneurs par les prestataires privés.
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Les principales mesures gouvernementales liées aux produits de première nécessité

En plus de celles liées au domaine du transport de fret proprement dit, les mesures gouvernementales annoncées lors du Conseil des ministres du 02 juin 20216 portaient également, et spécifiquement, sur les produits de première nécessité. Les autorités avaient donc décidé de l’exonération des droits et taxes de douanes sur ces denrées, selon la liste ci-dessous répartie en 3 catégories.
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L’incidence sur les coûts de passage portuaire TTC des conteneurs

Catégorie 1 & 2

En vigueur depuis 10 ans, le barème d’acconage entraine d’importantes pertes pour l’État gabonais, notamment en ce qui concerne les charges liées aux Droits de douane qui sont passées de 3 584 000 FCFA à 0 FCFA. De même pour les charges liées à la TVA à l’importation (de 2 096 000 FCFA à 0 FCFA) et celles liées à la RUSID (de 422 000 FCFA à 0 FCFA) pour les conteneurs 20’S.

Pour les conteneurs 40’S, les charges liées aux Droits de douane sont passées de 2 670 000 FCFA à 0 FCFA ; les charges liées à la TVA à l’importation de 1 983 000 FCFA à 0 FCFA et celles liées à la RUSID de 486 000 FCFA à 0 FCFA.

Catégorie 9

Les charges liées aux Droits de douanes, pour les conteneurs 20’F passent de 2 705 000 FCFA en moyenne à 0 FCFA ; celles liées à la TVA à l’importation de 2 434 000 FCFA en moyenne à 0 FCFA, et les charges liées à la RUSID passent de 406 000 FCFA en moyenne à 0 FCFA. Pour les conteneurs 40’F, les charges liées aux Droits de douane passent de 2 100 000 FCFA en moyenne à 0 FCFA; celles liées à la TVA à l’importation passent de 1 359 000 FCFA en moyenne à 0 FCFA et les charges liées à la RUSID passent de 558 000 FCFA en moyenne à 0 FCFA.
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Comme principale recommandation à la suite de son analyse, le CGC a estimé en 2021 qu’il était primordial d’œuvrer en faveur d’un meilleur contrôle des marges commerciales pratiquée sur le marché de consommation finale. D’autant que celui-ci semble absorber les réductions de coûts concédées sur le passage portuaire, au point d’annihiler les efforts consentis par le gouvernement dans sa lutte contre la vie chère. D’où le constat d’une nouvelle inflation décriée par les populations en 2022. « Nous pouvons constater une baisse générale significative de 29% des frais de passage portuaire, sans pour autant en ressentir les effets sur le panier de la ménagère », lit-on dans la conclusion de travaux.
Boursier TCHIBINDA

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