INFLATION, Pourquoi ça explose et comment y faire face ?

INFLATION, Pourquoi ça explose et comment y faire face ?
Dès 2020, les indices des prix à la consommation ont fortement été impactés par la flambée des cours des matières premières et ceux des produits alimentaires. Deux ans après, cette situation d’inflation est encore durement vécue par de nombreux pays à travers le monde, et le Gabon ne fait pas exception. Comment les autorités font-elles pour y remédier ? Où se situe le niveau d’achat des ménages ?

LA SITUATION EST MONDIALE

Augmentation générale des prix des biens et des services, perte du pouvoir d’achat des ménages… tous les signes de l’inflation sont perceptibles depuis le début de l’année 2022, et le ralentissement de la pandémie de Covid-19 semble ne rien y faire. Le monde entier est touché. Aux États-Unis, l’inflation est estimée à 7% en 2021, une première depuis près de 40 ans. Et d’autres pays tels que la France (3,6%), l’Allemagne (5,3%), l’Italie (14,1%) n’en mènent pas large.

Selon les chiffres officiels issus du Tableau de bord de l’économie gabonaise, le taux d’inflation annuel de la zone euro s’est établi à 5,0% en 2021 contre 0,3% en 2020. Dans notre sous-région, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), à fin décembre 2021, le niveau général des prix a connu une hausse relativement contrastée avec une inflation en moyenne annuelle en repli à 1,6% contre 2,6% à la même période l’année précédente. En glissement annuel, ce taux est passé de 20,0% à fin décembre 2020 à 2,6% en fin d’année dernière.

Sur le plan local, bien que ressentie par les ménages, au Gabon, l’inflation s’est pourtant repliée à 1,1% en 2021 contre 1,3% en 2020, à en croire les chiffres de la Banque africaine de développement (BAD) qui explique cette baisse par « la maîtrise des prix des transports et des produits alimentaires». En avril 2022, l’institution bancaire prévoyait toutefois que l’inflation devrait s’établir 2,9% en fin d’année, et à 2,5% en 2023. Nous y sommes visiblement.

LA CRISE RUSSO-UKRAINIENNE ACCUSÉE

La hausse généralisée des prix enregistrée dans le monde actuellement survient après que la pandémie de Covid-19 a connu une forte baisse, grâce notamment aux campagnes de vaccination. Ce qui a occasionné une forte reprise économique après deux années de confinements successifs. Seulement, si les ménages avaient été contraints de diminuer leur consommation, la reprise de celle-ci a été beaucoup trop forte. L’offre n’a donc pas suivi la demande. Selon plusieurs spécialistes, c’est précisément la distorsion entre une demande vigoureuse d’un côté et une offre qui de l’autre côté tardait à arriver qui a fait monter l’ensemble des prix pour les biens et les services, explique la Banque Transatlantique.

Mais la crise russo-ukrainienne n’y est pas non plus pour rien dans ce phénomène qui a fini par prendre des proportions plus importantes dès le début de l’invasion de la Russie, le 24 février 2022. Le cours du baril de Brent est passé de 77$ à 120$ les jours qui ont suivi le début du conflit. Le cours du gaz en Europe s’est envolé passant de 23$ en début d’année à 40$ aujourd’hui. Le cours du blé quant à lui a atteint 430€ en mai contre 250€ en début d’année. Ces augmentations ont une explication : la Russie et l’Ukraine sont parmi les producteurs les plus importants de matières premières dans le monde. La Russie est le deuxième exportateur de pétrole et le premier exportateur de gaz au monde. L’Ukraine est un important producteur de denrées agricoles.

« De cette hausse des matières découle une hausse des coûts de l’ensemble des produits que nous consommons (nourriture, chauffage, transports, etc.) que les industriels répercutent, autant que faire se peut, aux consommateurs finaux», explique encore la Banque Transatlantique qui y voit également l’impact du reconfinement en Chine, notamment en raison des retards de livraison que cela a provoqués.

DES SOLUTIONS ?

Face à ce phénomène mondial, sur le plan local, les autorités ne manquent pas de chercher des solutions pour y faire face, tout en invitant les autres nations à une action collective. C’est notamment l’appel lancé par Ali BONGO ONDIMBA, le 21 septembre 2022, à New York, aux États-Unis, lors du débat général organisé dans le cadre de la 77e session de l’Assemblée générale des Nations Unies. La présentant comme « une menace insidieuse » qui plane sur les économies du monde, le président de la République a exhorté ses pairs à lutter ensemble contre l’inflation. D’autant plus que, selon lui, celle-ci a désormais atteint « de tristes records ».

« Personne n’est épargné, les entreprises comme les ménages, le Nord comme le Sud. Ses effets sont dévastateurs. Il nous faut donc agir. Individuellement, certes. C’est ce que le Gabon fait en subventionnant certains produits de première nécessité, en contrôlant les prix sur d’autres. Mais ici aussi, nous ne parviendrons à vaincre efficacement ce phénomène que si nous agissons collectivement, de manière coordonnée, en toute solidarité. C’est un défi de plus lancé à la face du monde. Nous devons ensemble, tous ensemble, le relever », a lancé le chef de l’État lors de sa déclaration au siège de l’ONU.

Au Gabon, en effet, des solutions ont été annoncées ces dernières semaines dans le but de lutter contre l’inflation. La plus récente est la mise en place d’une nouvelle mercuriale des prix des produits de première nécessité. Il s’agit précisément des produits de consommation importés. Et l’objectif de cette nouvelle mercuriale est de « maintenir les prix qui ne cessent d’augmenter à l’international », a expliqué la ministre de l’Économie et de la Relance, Nicole Jeannine Lydie ROBOTY épouse MBOU.

Prenant en compte 48 produits alimentaires importés, cette mercuriale a été signée le 15 septembre 2022 pour une entrée en vigueur le 1er octobre 2022.

Selon le gouvernement, cette solution occasionnera un manque à gagner pour l’État de 300 millions de FCFA. Mais ce n’est pas le seul sacrifice consenti depuis le début de l’inflation. Concernant les produits pétroliers, les autorités ont continué à prendre sur eux de subventionner le prix des carburants notamment.

« Les subventions à la pompe ont permis de maintenir le prix du litre de gasoil 585 francs et celui du litre d’essence à 605 francs. Si nous avions laissé faire, ceux-ci auraient probablement grimpé au-delà de 1000 FCFA », a déclaré le président de la République, le 16 août 2022, à l’occasion de sa traditionnelle adresse à la nation.

Contre la vie chère, les sacrifices consentis par l’État lui ont déjà coûté près de 340 milliards de FCFA sur 10 ans, soit une moyenne annuelle de 33,9 millions de FCFA a informé en juin 2022, à l’Assemblée nationale, la ministre de l’Économie.
Griffin ONDO

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