Énergie : Le Gabon veut remplacer le gasoil par le gaz naturel.

Énergie : Le Gabon veut remplacer le gasoil par le gaz naturel.
Libreville a abrité du 20 au 22 octobre 2021 un sommet sur le pétrole, le gaz et l’énergie. Cette première édition entièrement consacrée à la valorisation des ressources énergétiques du Gabon devrait faire de son potentiel gazier un véritable levier de croissance économique afin de réduire la dépendance liée à l’importation des produits finis.
Les autorités gabonaises envisagent de passer du diésel ou de l’essence au gaz pour alimenter le pays en énergie électrique et pour faire fonctionner les véhicules. Cette problématique a été débattue au cours du sommet sur le pétrole, le gaz et la transition énergétique tenu à Libreville en octobre dernier.

Ce sommet, qui s’inscrit dans le Plan d’accélération de la transformation (PAT), a été l’occasion d’échanger avec les acteurs du secteur pétrolier et gazier nationaux et internationaux afin de trouver des solutions pour réussir la transition énergétique. « Nous voulons faire cette transition parce qu’au Gabon, les carburants que nous utilisons aujourd’hui, à savoir le pétrole, l’essence, le lampant, le kérosène, et le butane, sont à l’heure actuelle achetés à l’étranger. Entre-temps au Gabon, nous avons du gaz sur notre bassin sédimentaire. Donc, il est logique en termes d’efficacité d’utiliser ce qui est présent au Gabon au lieu d’aller acheter chez les autres ce que nous avons sur place », a expliqué Yann LIVULIBUTT YANGARI, chef de la taskforce stratégie gazière du PAT. Selon lui, le Gabon torche environ 35 milliards de pieds cubes de gaz. L’un des objectifs pour la transition énergétique est de valoriser les gaz de torche et de parvenir à utiliser une ressource destinée à être complètement brûlée. « Nous voulons arriver à optimiser l’utilisation du gaz naturel au Gabon, afin de pouvoir produire de l’électricité avec ce gaz torché et aussi pouvoir transporter les Gabonais avec ce gaz-là », a-t-il indiqué.

Cette transition va permettre au Gabon de transformer sa manière d’opérer les champs pétroliers et de capter sur les champs pétroliers, le gaz butane, afin de pouvoir en produire en quantité et ne plus avoir à l’importer parce qu’aujourd’hui 80% du gaz butane est importé. Ce qui va permettre de réduire le coût du gaz butane au Gabon.

La réduction des émissions de gaz à effet comme stratégie

Cette transition énergétique entre dans la stratégie des autorités gabonaises de réduction des émissions de gaz à effet de serre mise en place dans le pays. En effet, le torchage, bien que ne produisant pas le même impact que le pétrole, émet quand même du CO2 dans l’atmosphère. Il s’agira de prendre ce gaz qui brûle inutilement pour qu’il devienne une source d’énergie pouvant être utilisée aussi bien dans les véhicules, dans la génération d’électricité que dans un certain nombre d’applications permettant de générer le bien-être des populations et la richesse au niveau du pays.  

« Par la transition énergétique et la monétisation du gaz, l’objectif est de réduire notre dépendance sur l’importation des produits finis et amorcer le basculement vers une énergie propre. Toute chose devant contribuer à la réduction de gaz à effet de serre et permettre au Gabon d’être en phase avec les accords internationaux dont il est signataire », a précisé Vincent de Paul MASSASSA, ministre du Pétrole et du Gaz.

D’après le membre du gouvernement, mettre l’accent sur le gaz permet en effet au Gabon d’en tirer des dividendes certains. Utilisé comme source d’énergie, le gaz devra permettre de se départir progressivement des sources traditionnelles à fort impact négatif sur l’environnement. « Notre pays, par le résultat de nos efforts conjugués, va inaugurer une ère nouvelle de son histoire, moins polluante et plus économique. De plus, cette énergie partagée jusqu’aux zones reculées contribuera à l’amélioration des conditions de vie des populations », a souligné Vincent de Paul MASSASSA.

À Port-Gentil, plusieurs véhicules roulent déjà au gaz

Au Gabon, plusieurs véhicules roulent déjà au gaz dans la ville de Port-Gentil. Ce sont principalement des véhicules de l’entreprise pétrolière Perenco. « Nous avons déjà une station au gaz naturel, celle de Perenco et nous avons déjà une quarantaine de véhicules qui roulent au gaz naturel. Ce que nous voulons faire, c’est de vulgariser cette technologie afin que tout le monde puisse en bénéficier », a ajouté le chef de la taskforce stratégie gazière du PAT. Selon les acteurs du secteur, il est question, dans un premier temps, d’utiliser Port-Gentil comme ville pilote pour la consommation du gaz à la place du diésel.

Aussi, le Gabon expérimente déjà l’utilisation du gaz dans le transport et dans l’énergie électrique. En effet, 100% de l’électricité qui alimente la ville de Port-Gentil est produite à base du gaz des champs pétroliers qui était destiné au torchage par le passé. Depuis 2007, la compagnie pétrolière française Perenco approvisionne en gaz naturel les entreprises basées à Port-Gentil et Libreville notamment la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG).
Brice GOTOA

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