Magazine N°035 : POUR UNE ÉCONOMIE GABONAISE POST-COVID-19 PERFORMANTE

Magazine N°035 : POUR UNE ÉCONOMIE GABONAISE POST-COVID-19 PERFORMANTE
Le Gabon a souffert des effets des restrictions liées à la lutte contre la pandémie de Covid-19. Le gouvernement n’avait pas une autre solution pour protéger la population que d’instaurer l’État d’urgence sanitaire. Au-delà des critiques qui peuvent être formulées quant à la gestion de la crise, cet évènement hors du commun a été une occasion de mesurer le niveau de résilience du pays.
La perspective de la « sortie » de la pandémie renseigne sur la nécessité pour l’État de s’engager pleinement à travailler dans le secteur économique pour réparer la fracture qui s’est créée, occasionnant de graves inégalités. Le Centre international de recherche en économie et gestion pour le développement (CIREGED) a sorti dernièrement un Livre Blanc, «Repenser l’Économie Gabonaise Post Covid-19». Un ouvrage collectif impliquant de nombreux chercheurs de l’Université Omar Bongo de Libreville. Il y est question d’« analyser les conséquences actuelles et prévisibles de la crise de la Covid-19 sur l’économie gabonaise d’une part, identifier les réformes ou mesures envisageables pour une économie gabonaise post Covid-19 performante et susceptible d’assurer la prospérité des citoyens, d’autre part ».

Les quinze chapitres qui composent ce Livre Blanc font un état de la situation et proposent des pistes de réflexion utiles pour la prise en compte du bien commun par l’État. Il est clairement établi que la pandémie de la Covid-19 a fortement contribué à l’idée de mener une réflexion profonde sur la capacité réelle de l’État à protéger véritablement les populations. S’il faut reconnaître qu’aucun pays ne s’était préparé à affronter cette crise sanitaire mondiale, néanmoins notre pays aurait été certainement plus proactif si, à contrario de l’État providence, la formule de l’État prévoyant était la norme.

La structure des dépenses publiques (plus de 34% du budget est consacré aux dépenses de personnel) n’a véritablement pas laissé à l’État une manœuvre conséquente lui permettant de venir en aide aux entreprises ayant subi le contrecoup de la crise. Or, en situation d’État prévoyant, qui implique d’accorder plus de place à l’investissement dans l’avenir, l’anticipation dans « la réalisation d’aléas divers (politiques, sanitaires, économiques, sociaux et environnementaux) susceptibles d’influencer le bien-être social », la recherche scientifique moderne est un atout majeur pour aider à la prise de décision dans un contexte d’incertitude. Il faut donc, pour l’avenir, que l’État encourage par l’investissement public et par l’adhésion de l’entrepreneuriat privé une politique de prévoyance des risques afin d’être capable de mieux gérer les crises.

Si de nombreux spécialistes à travers le monde reconnaissent que la crise économique actuelle n’est pas d’origine économique, mais sanitaire, la réponse qui sied est de réformer. Ces réformes doivent évidemment être de toute nature. Notre pays s’est certes doté d’un instrument pour la relance de l’économie, le Plan d’accélération de la transformation (PAT), seulement, sera-t-il assez pertinent pour parvenir à réunir l’ensemble des moyens nécessaires à son déploiement, soit 3 000 milliards de FCFA ? La réponse à cette question ne sera positive qu’à condition de véritablement penser la réforme des finances publiques et la réforme de l’État.

La structure des économies post pandémie est indubitablement tourner vers la prise en compte de tous les leviers utiles au renforcement des capacités des ressources humaines, à la refonte en profondeur du système de formation professionnelle, à l’investissement dans les technologies du futur à travers des partenariats État-entreprises, à l’organisation de la production de l’énergie et la préparation d’une « rapide » transition énergétique, à la réforme de l’administration centrale et l’application effective de la décentralisation et enfin, à la mise en place des filets de protection sociale protégeant les familles des conséquences des chocs économiques et d’autres crises.
Séif Mostley,
Rédacteur en chef

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