Lezéléments. À LEUR TOUR, LES GABONAISES PARLENT DES GABONAIS Histoire 3

Mouss, Ngadi et Obiang se retrouvent ce soir au Boulbess 2 comme à leur habitude. Ils savourent du poisson à la braise.
NGADI : Eh bien les amis, nous avons bien fait de passer les fêtes en famille, n'est-ce pas ?

OBIANG : De toutes les façons, il n'y avait rien dans les rues. C'est toujours mieux de rester un peu chez soi.

MOUSS : Et puis sur les grands panneaux publicitaires de Libreville, il n'y avait que les affiches de la campagne électorale. Ça m'a gâché le plaisir.

NGADI : Pourquoi ça t'a gâché le plaisir ?

MOUSS : Tu n'as pas remarqué qu'une nouvelle race de Gabonais est née ?

NGADI : Quelle race ?

MOUSS : Les Akandais ?

NGADI : Les Okandais ?

MOUSS : Non, pas les Okandais, mais les Akandais !

NGADI : C'est qui ceux-là encore ?

MOUSS : Mais tu es en retard, petit ! On avait déjà plus de quarante ethnies dans ce pays. On avait nos immigrés tradition- nels. Maintenant on a les Akandais ! Ce sont les civilisations pionnières du pôle nord de Libreville. Leur génétique est particulière. Ils sont tous métis, riches et directeurs généraux !

NGADI : Quoi ?

OBIANG : Mais tu vis dans quelle ville, typo ? Tu ne connais pas les Akandais, la nouvelle race de seigneurs ? Ils ont le stade chinois, ils ont un parc national, ils ont un hôpital de classe inter- nationale, ils ont la moitié des 5 000 logements en construction dans la capitale, ils ont les plus belles cités de la capitale, ils ont Cap caravane, et ils sont tous tellement métis que leur maire est carrément blanc, typo.

NGADI : Un maire blanc ? Tu blagues, typo.

MOUSS : Comment ça on blague ? Et les Blancs attirent les Blancs. Tous les autres vont aller vivre là-bas. La ville Akanda sera propre comme en Suisse ! Et nous, on va rester avec les pou- belles !

OBIANG : Tu vas même voir que bientôt, ils vont nous mettre un péage après l'aéroport avec contrôle biométrique d'identité et apartheid au faciès. Il nous faudra des laissez- passer pour aller rendre visite aux Akandais !

NGADI : Ah les gars, vous exagérez !

MOUSS : Ah oui ? Tu trouves ça normal ? Les Owendois nous ont volé toutes nos usines. Maintenant les Akandais nous volent tous nos riches ! Qui va payer les impôts pour Libreville mainte- nant, hein ? Ils vont même avoir leur propre couleur de taxi, tu vas voir !

OBIANG : Chaque jour, les Owendois, les Akandais et les Bikelois viennent salir notre Libreville, et le soir ils repartent chez eux où c'est propre et tranquille, en nous créant des embou- teillages à la cité des ailes, au Pk 8 et au pont Nomba !

NGADI : Y a aussi des Bikelois maintenant ?

MOUSS : Toi tu blagues avec les tortues, typo. Faut pas les citer ici.

NGADI : Mais toi, comment tu reconnais un Akandais ?

MOUSS : C'est un méga fouteur d'embouteillage, l'Akandais ! Son enfant bébé est aux Tsanguettes, puis au lycée Mba, au lycée français, à l'Immaculée ou dans les lycées ultraprivés de Batte- rie 4.

OBIANG : Que les endroits où y a embouteillage tous les matins.

MOUSS : Voilà l'Akandais ! Si tu croises un adolescent qui est tout ébahi devant les bicoques de Venez- Voir et qui dit : Mais pourquoi les cabanes-là sont sales comme ça ? À coup sûr, c'est un petit Akandais. Car chez lui, toutes les maisons ont l'eau chaude, les toits sont en tuiles, les congélateurs sont pleins, y a des trottoirs et des vrais ronds-points. Ils ne sont pas librevillois, ces gens-là.

NGADI : Ils sont quoi ?

MOUSS : Ils sont tout simplement akandais !
Omer NTOUGOU

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